Essai : CIJ - Frégate 3/52 & Manoir 3/53 - 3/53A

Première apparition au catalogue 1957 de la CIJ
Nous l’avons vu, en 1953 la Frégate est proposée en deux versions : une dépouillée, dénommée Affaires, et une autre, plus luxueuse, qui porte le nom d’Amiral. Disponible en cinq teintes (les cinq couleurs de base de la 3/51 ?), l’Amiral peut aussi bénéficier en 1954, sous option, d’un toit ouvrant. Elle reçoit en 1955 une nouvelle calandre ovale et un moteur plus puissant. Au Salon de la même année, la série se dote d’un nouveau modèle sous la forme d’un break baptisé Domaine (Il sera amené à succéder à la Prairie dont les ventes prennent fin début 57). 
 
Notez l'image en forme de téléviseur (déc. 1955)
Au même Salon 1955 (année modèle 56), c’est l’apparition, pour les Frégate, de la Grand Pavois qui, équipée alors d’un nouveau moteur 12cv Étendard, se caractérise par une finition luxe et une peinture deux tons dont la répartition évoluera dès l’année 1957. Mais en 1959, exit la Grand Pavois, les Frégate sont désormais proposées en quatre versions : deux berlines Frégate, avec ou sans l’option Transfluide (apparue sur l''années modèle 1958 / Salon 57), équipées de gros clignotants débordants et d’une calandre simplifiée, et deux breaks, Domaine ou Manoir (nouveau modèle plus luxueux bénéficiant du nouveau look des Frégate). En 1960, c’est le chant du cygne pour la série dans son ensemble et les dernières Frégate sortent de chaines en avril.
Des couleurs à faire rêver...

La réclame de l'époque se veut moderne, avec dans une campagne publicitaire de décembre 55 dans les magazines, de superbes photos des premières Grand Pavois 1956, en quadrichromie, dont la découpe évoque la forme des écrans des téléviseurs de l'époque. Ce clin d’œil qui préfigure de quelques décennies le fameux "Vu à la TV !" a souvent été utilisé dans les réclames de cette période où un téléviseur faisait rêver tant de foyers, et notamment par un certain Joseph Véron dans le catalogue Norev 1955 (1). Et d'ailleurs, contrairement au dessin du catalogue CIJ 1957, la bonne répartition des couleurs de la Grand Pavois  ne sera pas retenue par CIJ mais par... Norev !

De son côté, la CIJ abandonne la production de sa « petite » Amiral (Réf 3/51) et jette son dévolu sur la nouvelle Grand Pavois. Mais, cette fois-ci, c’est l’échelle 1/45ème qui est retenue, restituant bien mieux la grosse berline haut de gamme de la Régie. Sur son catalogue de 1957 / 1958, la voiture est représentée en finition bicolore (bas de caisse d’une couleur et haut de caisse d’une autre) typique du millésime 56 chez Renault. Mais curieusement, la répartition de peintures retenue pour la production de la miniature est différente ! Il s’agit d’une découpe en V, au niveau des  portières, qui ne correspond aucunement à la réalité ?! 

Les deux assemblages de couleurs disponibles sur les premières Frégate 3/52

La nouvelle répartition de couleurs de 1957 (CIJ
s'en inspirera mais englobera aussi les ailes arrière)
L'Amiral CIJ, un projet avorté ? C'est bien dommage
L’année suivante, la répartition des teintes bicolores évolue chez Renault (1957) et, cette fois-ci, la CIJ appliquera sur ses modèles, avec un peu de retard, une découpe très approchante dite en « racine carrée ». 
 
La miniature, qui prend la suite de l’Amiral 3/51, est logiquement référencée 3/52. Le modèle est proposé dans deux superbes assemblages de couleurs suivant les versions, découpe en V : haut gris / bas rouge ou  haut bleu moyen / bas bleu pâle et pour la découpe en racine carrée : haut gris / bas rouge ou haut bleu pâle / bas bleu plus soutenu. 
 
Cette photo est datée de l'Ascension 55. La Frégate
est une Amiral enrichie, entre autres, d'enjoliveurs
d'ailes et surtout d'une superbe peinture bicolore ...
qui nous rappelle quelque chose ?! 
Elle est dotée d’une belle boîte dont les illustrations n’évolueront pas lors du changement de disposition des coloris. Deux faces représentent des Grand Pavois dont une crème et bleu non retenue en série, les deux autres sont illustrées par des Amiral ( ? ) bleue ou grise et portent la mention « Transfluide ». Pourquoi ces deux dernières illustrations ? Un projet avorté ? Alors qu’effectivement CIJ aurait pu faire d’une pierre deux coups en proposant la version Amiral (unicolore) à un moindre prix ! (Ce qu’a fait Norev avec son Amiral, disponible en 1957 au prix de 175 fr contre 200 fr pour la Grand Pavois, ou encore Quiralu, qui sur le moule unique de sa Simca Vedette, a été plus créatif en proposant trois modèles distincts : Trianon, Régence et Versailles, en jouant uniquement sur les répartitions de couleurs). 
 
Dans tous les cas, la référence à la transmission automatique « Transfluide » date la sortie des miniatures à l’année 1958, soit deux ans après la sortie du modèle à l’échelle 1 ! Décidément, la C.I.J. peine à sortir ses Frégate en temps et en heure (En comparaison, Norev commercialise sa Grand Pavois dès la fin 56, et avec la bonne disposition de couleurs. Par contre, de par la conception du modèle en deux parties distinctes, la nouvelle découpe de peinture ne pourra pas être reproduite l’année suivante).
 
Les deux assemblages de couleurs sur les deuxièmes versions... superbe !

 
Deux versions de châssis différentes sur les premiers
modèles, sans puis avec le trou destiné à l'attelage
Au catalogue 1959 : Deuxième découpe pour
la Grand Pavois et annonce du break Domaine
(3/53) doté de sa nouvelle calandre...
Le châssis de la miniature est gris métallisé, il y est inscrit par emboutissage : « FREGATE RENAULT – CIJ – MADE IN FRANCE », et pas de mention Grand Pavois… une porte qui restait ouverte pour une hypothétique version Amiral ? Cependant, contrairement à la version précédente (3/51) la marque CIJ apparaît dorénavant.
 
Les premiers tirages ne possèdent pas encore le trou à l’arrière qui sert à arrimer la nouvelle caravane (Réf 3/27). Les roues en métal sont vernies et, à priori, toujours chaussées de pneus blancs. Calandre, phares et pare-chocs sont rehaussés de peinture façon chrome. Les clignotants, ainsi que les feux arrière, reçoivent une touche de peinture rouge ou jaune. Le prix public, au tarif 1958, est de 310 fr pour une Frégate. Il demeure inchangé tout au long de sa production et, étonnement, le modèle est toujours présent (au même prix de 3,10 nouveaux Francs) sur le tarif de septembre 1963 ! Il est encore représenté, pour la dernière fois, sur le petit catalogue EUROPARC de 61 mais, contrairement au break 403 contemporain, il ne recevra pas de nouvelle boîte EUROPARC (rouge et bleu) en fin de carrière.
 
 « « Estate Car » du gentleman-farmer, la Manoir
est également la « Station Wagon » idéale de tous
ceux qui partagent une existence active entre la
ville et la campagne » (catalogue 1959)
Sur le catalogue 1959, en accompagnement de la Grand Pavois, est aussi illustré, sous la réf 3/53, un break Domaine (modèle mis en service dès 1956 par la Régie Renault). Il est représenté, non pas avec la calandre à trois barres de ses débuts, mais avec sa nouvelle calandre ovale simplifiée de fin de production… 
 
Break Domaine (première calandre), exemplaire
d'avant série vendu chez Collectoys en juin 2025
Mais, contrairement à ce qu’annonce le catalogue, ce modèle ne verra jamais le jour ! Il sera remplacé l’année suivante par le break Manoir (version haut de gamme sortie chez Renault en 1958 pour concurrencer la Simca Marly). À priori, l’étude du break Domaine (doté alors de sa première calandre) avait, en amont, été poussée assez loin chez CIJ puisque quelques très rares exemplaires d’avant série sont aujourd’hui connus. Ils sont totalement aboutis dans leurs réalisations allant même jusqu'à posséder un châssis dédié « DOMAINE – CIJ – MADE IN FRANCE ». 
 
Un premier modèle, en état de jeux, a été mis au jour au début des années 2000. Il est fini en bleu clair et son châssis n’a pas reçu de peinture. Son historique détaillé a été relaté sur deux pages dans un article fort instructif de LA VIE DU JOUET (n° 124 – Juillet 2006). Un deuxième modèle, cette fois-ci en parfait état de conservation, vient d’être proposé en salle de ventes chez Collectoys (vente du 28 juin 2025), en existe-t-il d’autres ? Les hypothèses concernant ce projet avorté sont nombreuses (voir encadré), mais le mystère reste entier…  
 
Manoir assemblé sur un châssis de Domaine non serti
Essai de couleur (havane métallisé) sur Manoir.
C’est donc, en 1960, qu’apparaît le nouveau break Manoir CIJ. Il va être un des premiers modèles de la nouvelle série EUROPARC créée la même année. Il reprend à son compte la référence 3/53 qui avait été attribuée au break Domaine. Cette nouvelle miniature n’est pas juste une adaptation du projet Domaine et les différences entre les modèles sont nombreuses (voir l'encadré ci contre dans lequel quelques pistes sont évoquées par Olivier Vergne lors de la vente, à Nîmes, du premier exemplaire du break Domaine mis à jour en 2004). Par ailleurs, si l’on compare visuellement les deux, on se rend tout de suite compte du dénuement extrême de la version Domaine en opposition totale avec le riche traitement de la Manoir, présentée en break de chasse, à la façon des woodies Américain.
 
Les nouveautés 60 avec la sortie des
Manoir programmée pour début juin...
Nous ignorons tout du modèle qui a servi de base à la miniature… mais il faut savoir que dans l’immédiat après guerre, Peugeot avait mis à son catalogue une 202 break associant la tôle et le bois, et, qu’à la même époque, Simca commercialisa aussi une version Canadienne de sa 8.
 
Au milieu des années cinquante, quelques carrossiers proposaient encore, au compte gouttes, ce genre de réalisation. Toujours traitée au 1/45ème, la miniature est cette fois équipée d’un bloc vitre et d’une suspension (un simple élastique qui avec le temps à tendance à lâcher !). Le coloris proposé, rouge rosé / flancs marron et crème, est unique. Un prototype / essai de couleurs est connu en gris clair, sans vitrage, il possède encore le châssis de la Domaine non serti à la carrosserie (vente Collectoys du 13 décembre 2025). Il existe aussi une autre version unicolore, fini en marron métallisé... 
Catalogue 60/61, le break de chasse est annoncé avec glaces et banquettes !
 
Le châssis est embouti et porte l’inscription « BREAK DE CHASSE – EUROPARC - CIJ – MADE IN FRANCE», il est peint en gris métal et reçoit la couleur rouge de la carrosserie sur les derniers modèles. Les roues, en aluminium, sont chaussées de pneus blancs ou, plus rarement, de pneus noirs. La boîte est du type EUROPARC, donc traitée en rouge et bleu, avec ses grandes (et fragiles) ouvertures circulaires sur deux faces, les deux autres comportant un dessin réaliste du modèle. 
 
Deux  modèles dérivés de la Manoir Renault, peut être la
seule allusion de la C.I.J. aux Manoir (aucune inscription
 sous les châssis ni sur les boîtes n'y faisant référence)
Le prix de la Manoir est de 4,80fr en 1961, et l’on trouve encore sa trace sur le tarif de juin 1964 avec un prix inchangé (liquidation des stocks ?). Le modèle est toujours représenté dans les publicités CIJ / EUROPARC comme équipé de banquettes mais cet ajout n’apparaît plus sur son descriptif, lors de sa dernière apparition, au catalogue de 1962... La raison ? C’est que dans  la réalité, cette finition n’a jamais existé !
 
En bas une ambulance dotée du bloc vitres,
non opacifié à l'arrière, du break de chasse
Conjointement au break de chasse, la CIJ propose également, en 1960, une version « ambulance privée » de la Manoir (réf 3/53A). Le modèle prend la place de la « berline ambulance » Colorale sorti en 1958 (qui n’aura été produite que deux ans). Elle emprunte à cette dernière le petit fanion en papier qui passe cette fois-ci sur l’aile avant gauche (le dessin de la boîte le représente à droite comme sur la Colorale ?). 
 
Dernière représentation des Manoir sur le
catalogue professionnel de 62, il n'est plus
question de banquette sur le break de chasse
Elle est finie en bleu et blanc avec une découpe en pointe sur le capot, qui se prolonge sur les flancs du véhicule à l’aide de décalcomanies ornées d’une croix bleue. La même croix, plus petite, est apposée à l’arrière droit du modèle. Les finitions sont identiques au break de chasse si ce n’est l’opacification des vitres arrière (absente sur de rares modèles). Les gros clignotants avant, typiques de la Manoir, sont, comme sur le break, peints en argenté. Le châssis porte la mention « AMBULANCE RENAULT – EUROPARC – CIJ – MADE IN FRANCE ». Et là encore, elle bénéficie d’une très belle boîte EUROPARC. Elle est proposée au prix public de 4,80 fr en 1960 / 1961 mais disparaît du catalogue dès 1962, laissant à son tour la place à la nouvelle ambulance Citroën…
« Une nouvelle grille de calandre en métal déployé,
de nouveaux dispositifs de feux avant et arrière, et
de nouvelles teintes de carrosserie, distinguent
extérieurement la Frégate 59 »
 
Au final, cette dernière série de Frégate conçue par CIJ est une grande réussite. Se situant à un moment charnière, elle est en même temps encore représentative des autos miniatures très dépouillées des années cinquante (Grand Pavois) et, par ailleurs, annonce déjà le tournant à venir de la décennie suivante (Manoir), tournée vers une recherche toujours accrue de réalisme. Les coloris et les déclinaisons des modèles sont superbes (on regrette bien entendu une vraie suspension sur les Manoir). Mais plusieurs questions restent en suspens : Pourquoi l’abandon du break Domaine ? Pourquoi cette découpe en V inédite sur les premières Grand Pavois ? Pourquoi ne pas avoir équipé le break de chasse  des banquettes annoncées ? Et enfin, pourquoi ne pas avoir produit, en parallèle des modèles proposés, des Amiral ou des Manoir (transfluides) unicolores ?
 

Un article rédigé par Vincent Pirot
Merci à Michel pour les photos de ses autos
(1) Voir le bel article sur le catalogue Norev 1955 sur ce même merveilleux blog (ndlr)

Dernières Frégate 1960 : « la Frégate est à tous les rendez-vous de la joie
et de l’élégance en 6 couleurs de bon ton : Blanc Réjane, Gris Montespan,
Gris Pompadour, Rouge Inca, Vert Sévigné, Noir Médicis ».
 

Chronique : Les Cafés Masda

Avant une époque où tel un Indiana Jones de la torréfaction, ce sacré Gringo de Jacques Vabre devait se battre contre des Sud-américains dont la fourberie était tout aussi caricaturale que l’accent de Gérard Hernandez qui, soyons en certain, assurait entre deux doublages du Grand Schtroumpf, la voix off des réclames télévisées de cette marque de caoua moulu ; il fallait faire avec les moyens de communication du moment. Et comme on n'en était pas encore à essayer de prouver que les grains avaient bien été récoltés et séchés sur les hauts plateaux (où il n y a personne, Gringo !), et que par conséquent, le zig proposé était le plus bath ; on avait recours au bakchich promotionnel, soit la petite prime qui fait vendre, en visant principalement les lardons qui, accompagnant leur môman aux commissions ne manquaient pas de réclamer la marque qui offrait un joujou en plastoc. 

Et dans les années cinquante, c’était le jus en provenance du Brésil qui avait la cote, pardi, il permettait soyons en certain, chaque nuit, de goûter les petits à côté du péché*… Et comme une idée en entraîne une autre, nous allons aujourd'hui parler des Cafés Masda de Sao Paolo au Brésil !
 
Des Cafés Masda, aujourd'hui, il ne reste évidemment rien, le bâtiment comprenant les numéros 59 à 61 bis de la rue de la fédération dans le quinzième arrondissement de Paris a été détruit à la fin des années soixante ou au début de la décennie suivante, et a été remplacé par un immeuble d'habitation n'ayant même pas la décence d'afficher un style typique de cette époque là. Le bâtiment sis au 21 de l'avenue du Maine dans le même arrondissement, qui était la précédente adresse, a survécu, mais celui ci ayant déjà été délaissé en 1940 ne pourrait rien nous apprendre de plus. Enfin l'adresse donnée sur les images (ou vignettes), de la période Minialuxe ainsi que sur certaines boîtes de café, à savoir le 31 quai Marcel Boyer à Ivry (Seine), intrigue, car le côté impair est à priori celui de la Seine, et même sur les photos aériennes anciennes, on ne voit pas plus de bâtiments de ce côté hier, qu'aujourd'hui.
 
On sait grâce aux archives de la ville de Paris que les Cafés Masda ont été créés dans les années trente, le numéro de registre du commerce 262527B ayant été attribué entre le 4 juillet et le premier août 1934, mais à part quelques rare factures, (la plus ancienne retrouvée datant de 1940), il n'y a aucun document permettant d'effectuer des datations sérieuses.

La période des articles promotionnels pour Masda qui nous intéresse, se situe quelque part entre 1954 et l'aube des années soixante. 
Comparaison d'une boîte normale et d'une boîte de 
250 grammes (à droite) (photo du site eBay)
On trouve quatre types d'artefacts autour de l"automobile : Des silhouettes automobiles en plastique à la manière des plats d’étain, des miniatures au 1/46eme fabriquées par BS, identiques à celles offertes par Cotelle & Fouchet dans les paquets de lessive Crio**, des Dinky Toys et pas seulement la Studebaker Commander comme nous allons le voir plus loin, et enfin des Minialuxe parce que les Dinky c'est bien beau mais ça coûte !
 
Mettre en place une chronologie assurée de cet ensemble d'objets et de joujoux est assez délicat, de plus il n'y a pas eu que des petites autos, mais aussi les inévitables porte-clefs, jeu de cartes et autres... Enfin les images (ou bons), permettant de rafler une petite auto, permettaient aussi de récupérer gratis, un paquet (de 250 grammes ; faudrait pas abuser), de café moulu.
 
Il est possible que les modèles dits en "demi-ronde bosse" furent les premières primes offertes par Les Cafés Masda, avant les miniatures réelles, mais rien n'est certain.
 
Ils ne représentent certainement que des véhicules français, sont à priori au nombre de douze et mesurent environ 6 centimètres de long. Comme aucun marquage n'est indiqué à part l'énigmatique "Saomasda" qu'il faut comprendre comme : Cafés Masda de Sao Paolo, certains modèles peuvent être difficiles à identifier. Sont toutefois reconnaissables pèle-mêle :

Citroën 11cv avec malle (Juillet 1952 / AM 1953)
Citroën 2cv dont il est impossible, de profil, de deviner le millésime
Ford Comète avec de gros pare-chocs, donc plutôt un millésime tardif, 1953 / 54
Ford Vedette 1953 
Panhard Dyna Z 1954
Peugeot 203 Avec gouttières longues, donc avant 1954
Simca 9 Aronde, là aussi de profil il est impossible de faire la différence entre une "51" et une "54"
Simca 9 Coupé clairement ratée à moins qu'il ne s'agisse finalement d'une autre voiture...
Hotchkiss Anjou, fallait la trouver celle là, hein ?
Renault Frégate
Renault 4cv
 
Image reprise du site internet dédié aux Mokarex, ami lecteur sauras-tu reconnaître le modèle mystère ?

 
Tous ces véhicules existent en quatre coloris irisés différents : vert, gris, rouge et bronze doré. Les coloris varient légèrement selon les tirages. En revanche on peut trouver des coloris plus primaires et non irisés, sur les versions offertes par le biais des produits laitier de la SAFR (Société anonyme des fermiers réunis). Quelle que soit la raison sociale, ces petites choses en plastique partagent la même fragilité au niveau des montant de déflecteur, ces derniers étant souvent absents.
 
Deuxième variante du buvard Studebaker, la mention Dinky Toys
a été biffée, certainement à la demande de Meccano
On peut remarquer que toutes ces automobiles se situent dans une époque de production réduite, 11cv avec malle bombée (juillet 1952), Ford Vedette et Panhard Dyna Z (1954), la Peugeot 203 a encore ses flèches, mais celles-ci perdurent jusqu'en septembre 1956, en revanche il semblerait bien que les gouttières de pavillon soient "longues", ce qui daterait le modèle d'avant 1954. Quant à la 4cv il s'agit visiblement d'une "3 barres", donc 1954 encore.
 
Enfin il existe un douzième modèle qui pour le moment résiste à nos investigations... Ami lecteur, la balle est dans ton camp !
 
Les Dinky Toys... Soit ces modèles sont les premières primes proposées par Les Cafés Masda, soit ce sont les petites trapanelles en plastique citées plus haut ; mais on peut être certain que Meccano est la première marque de miniatures approchée. Le système de réclame Masda va aller de plus en plus vers l’économie passant du jouet luxueux en zamak véritable et aux images (ou timbres à la rigueur), en quadrichromie, au plastique et aux images (chromos ?), monochromes. Les Dinky Toys pouvaient être gagnées contre un nombre de petites images (aussi appelées : points), différents selon le type de modèle désiré (automobiles, camions, voire accessoires). On sait qu'il fallait douze images (je suis à cours de synonyme là), pour avoir une automobile de tourisme et le double pour un véhicule utilitaire.
 
Un mot sur le fameux buvard Studebaker. Il en existe trois variantes : Avec la mention Dinky Toys, avec cette même mention surchargée, puis la version la plus courante, sans la mention Dinky toys. On pourrait penser que le buvard a été utilisé pour promouvoir la campagne Minialuxe à suivre, d'où l'absence de mention du fabricant de jouets, mais il est plus probable que Meccano ait demandé à ne pas servir de publicité gratuite pour les Cafés Masda. Nul doute que les garnements avisés n'avaient nullement besoin du marquage pour reconnaître une Dinky
 
Malheureusement aucun marquage n'a jamais été appliqué sur des Dinky Toys, il s'agit d'exemplaires normaux, peints dans les coloris usine classiques et simplement achetés par Masda auprès de Meccano.
 
La liste des modèles proposés est certainement longue et couvre peut-être l'entièreté de la production Dinky Toys au milieu des années cinquante. La promotion dure sur toute l'année 1956, c'est certain, mais elle a peut-être commencé l'année précédente. Sur certaines images (on va rester sur images), la validité expire au 30 juin 1956 et sur d'autres, le 31 octobre de la même année. Ces dernières indiquent en outre l'existence d'un grand concours, il est probable qu'il s'agisse là de celui proposant des Austin à moteur thermique...

 
 
Les images retrouvées jusqu'à maintenant indiquent les modèles suivants : 
 
23H Talbot Lago 
24N Citroën 11BL
24R Peugeot 203
24U Simca 9 Aronde
24Y Studebaker Commander
25BV Peugeot D3A Postes 
25C Citroën Type H 1200 Kgs
29D Autobus Parisien 
32AB Panhard Movic SNCF 
32C Panhard Movic Citerne Esso
33A Simca Cargo Fourgon 
49D Station Essence


Cette liste est bien évidemment non exhaustive. 
 
En 1957, exit les Dinky Toys, on passe aux Minialuxe qui sont tout de même meilleur marché vous l'aurez compris. Tout comme pour la précédente campagne de promotion, il faut indiquer trois pays producteurs de café à sa demande de petite auto, et joindre douze ou vingt-quatre images selon le modèle désiré. Pour la campagne Minialuxe, les modèles disponibles sont mieux documentés. Avec douze images on peut obtenir les modèles au 1/43ème "motorisés" suivants : Simca Versailles, Citroën DS19, Peugeot 403, Renault Frégate, Hotchkiss Grégoire, Simca Aronde, Citroën Traction-Avant (sic), Ford Vedette, Peugeot 203 Commerciale et Renault Dauphine, soit les 10 modèles disponibles début 1957 chez Minialuxe. Mais pour le même nombre d'images , on peut aussi obtenir : Le pont élévateur, la petite guitoune avec l'agent de circulation, la station service BP, voire enfin le garage pour miniatures au 1/43ème.
 
Enfin pour vingt-quatre images, on passe à l'échelle supérieure, et l'offre concerne maintenant les modèles au 1/32ème : Simca Versailles, Citroën DS19, Peugeot 403, Renault Dauphine, Renault Goélette 1000Kgs et le petit autocar dont on ne peut vraiment pas affirmer qu'il est bien au 1/32ème. 

En 1958 on prend les mêmes et on recommence, il faut toujours indiquer trois pays producteurs de jus, et pour douze images, on peut encore obtenir les modèles à friction déjà cités. Mais il y a une petite nouveauté qui compense la perte de couleur des images : on peut aussi recevoir pour ce même nombre d'images (appelées aussi chèques en Belgique à l'époque, mais on s’égare), une des dix miniatures au 1/43ème cette fois-ci, non motorisées, mais en revanche accompagnées d'un élément de piste "Tobogan". 
 
Enfin si vraiment les parents étaient intoxiqués, géniteurs d'une famille extra nombreuse, ou que la daronne était cantinière dans la manufacture voisine, on pouvait demander trois éléments de support du fameux "Tobogan" ! Mais bon, tout gamin qui se respecte n'aurait jamais commencé par ce truc là, soyons en certain.
 
  
 
  
 
Pour vingt-quatre images, rien de changé, on peut toujours obtenir une grosse 1/32ème ou une petite boîte de caoua de 250 grammes, et nouveauté sans grand intérêt pour nous, avec trente images on pouvait obtenir une boîte de Super-Production "Moulu sous-vide" !
 
12 images pour une Minialuxe, le mouflet qui avait commencé sa récolte sous l'ère Dinky toys et qui recevait une Minialuxe a dû faire une drôle de tête. Du côté des Cafés Masda on peut comprendre qu'en considérant le tarif des productions balbyniennes par rapport aux oyonaxiennes, qu'il ne fut pas question de poursuivre l'aventure Meccano trop longtemps. 
 
Mais visiblement les deux campagnes sont différenciées, s'il faut écrire à Paris au service DK pour les Dinky Toys,, il faut en revanche écrire à Ivry au service ML pour les Minialuxe, donc à priori pas de confusion possible, néanmoins, quid des petits collecteurs d'images Dinky Toys ayant envoyé tardivement leur butin ?
 
Il semble qu'au 31 décembre 1958, la période Minialuxe soit définitivement révolue comme il est indiqué sur les images représentant une boîte de café, mais qui restent compatibles jusqu'à cette date avec ceux représentant des Minialuxe.
 

Orange clair ECF - Crio, à gauche, il semble que la nuance
vive soit unique aux modèles offerts par les Cafés Masda
Enfin, les modèles fournis par Beuzen & Sordet sont identiques à ceux offerts par la lessive Crio, seul le marquage Cafés Masda remplace le sigle ECF. Cependant ces miniatures sont très peu courantes et s'il existe beaucoup de coloris disponibles pour les ECF, il n'est pas absolument certain que des coloris tels que le vert ou l'orange clair aient été utilisés pour la marque de Caoua.***
 
On peut situer ces modèles vers 1959 et c'est en toute logique qu'ils prennent la suite des Minialuxe. 
 
Ce seront les dernières miniatures automobiles offertes par Les Cafés Masda, la mode passant, et un encadrement légale quant à la valeur des babioles offertes, les primes vont s'orienter vers des petits bidules en plastique, ou des porte-clefs selon le sens du vent. On peut aussi imaginer que la firme qui nous intéresse aujourd'hui ait eu des difficultés dans les années soixante et ait pu être rachetée par une marque concurrente telle que le Café Grand-Mère créé en 1954. Nous ne le saurons peut-être jamais, car s'il est très difficile de trouver des informations sur des créations d'entreprise avant l'ère internet, en trouver sur des dépôts de bilan l'est encore plus.
 
Et puis... Cet article ne saurait être complet sans parler du prix du grand concours ! Là encore tout est flou, s'agit-il bien de celui de 1956, c'est fort probable, que fallait-il faire pour y participer, Acheter du café, bien sûr, mais les instructions étant dans les sachets (ou boîtes) de café, nous en sommes réduits aux spéculations.
 
L'Austin J40 (J pour Junior), fait suite à deux autres modèles, la JOY 1 en 1946, qui n'est en fait qu'un prototype, et la Pathfinder Special basée sur la monoplace O.H.V. Austin 7 Racer. La production débute en 1949 dans une usine spéciale pour ces autos à pédales qui emploie d'anciens mineurs aux poumons fragilisés. La J40 reprend la ligne des Devon et Dorset de 1948, l'engouement pour ces autos à pédales sera immense, et passant les générations, les courses impliquant chaque année de nouveaux "petits pilotes", ne désemplissent pas.
En revanche, Austin ne commercialisera jamais de modèles à moteur thermique, mais bien évidemment il était très tentant pour une entreprise tierce, d'acheter un stock d'exemplaires à transformer avec des moteurs de tondeuse à gazon ou autres pétrolette, puis de les commercialiser à son tour. Il semblerait que ces transformations furent effectives à partir de 1957.
Toujours est-il que les Cafés Masda font l'acquisition d'une dizaine d'exemplaires pour un grand concours dont il ne reste aujourd’hui que le buvard publicitaire que l'on trouve de temps à autre.

 Un article rédigé par Erwan Pirot
 
Quelques images Dinky Toys ont été récupérées sur le Forum Les Années Norev dans un message posté par Christian Hardy, que je remercie et a qui je souhaite longue vie sur l'Île de Beauté, les autres sont © LRE

* Sur une musique de Francis Lopez bien évidemment avec des paroles de Raymond Vincy et d'Albert Willemetz qui a aussi bossé avec Henri Christiné et Sacha Guitry. Si aujourd'hui la version de Luis Mariano reste plus connue du grand public, ce sont bien Nelly Wick et Andrex qui ont créé "la Samba brésilienne" dans l'opérette "Quatre jours à Paris" en 1948.
** Ami lecteur court vite lire cet excellent article ou sois maudit jusqu'à la septième génération ! 
*** Pour en savoir plus sur BS, ami lecteur tu peux te rattraper de ton incurie en lisant notre bel article relatif aux miniatures promotionnelles de Jouef
 
Et puis pour continuer la lecture : 
 
Le site Mokarex animé par Ghislain Oubreyrie dont nous avons repris la photo légendée des miniatures en "demi-ronde bosse" après l'avoir dûment corrigée : https://www.mokarex.fr/index.html
 
Le Blog de l'Auto Jaune dan lequel Vincent Espinasse, évoque les Cafés Masda tout en nous faisant profiter de ses merveilleuses Studebakder 24Y aux coloris étonnants : https://autojauneblog.fr/tag/cafe-masda/
 
Blog La Malle à Papa quelques scannes de papiers sur les Cafés Masda, et d'autres articles : https://lamalleapapa.com/brand.php/cafe-masda-de-sao-paulo?id=cafe-masda-de-sao-paulo 
 
Article sur les Austin à moteur : http://www.austinmemories.com/styled-25/index.html  
 
Musée du Calendo avec de belles histoires et des scannes d’étiquettes de frometons toutes plus belles les unes que les autres : https://www.camembert-museum.com/

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