Chronique : Les Cafés Masda

Avant une époque où tel un Indiana Jones de la torréfaction, ce sacré Gringo de Jacques Vabre devait se battre contre des Sud-américains dont la fourberie était tout aussi caricaturale que l’accent de Gérard Hernandez qui, soyons en certain, assurait entre deux doublages du Grand Schtroumpf, la voix off des réclames télévisées de cette marque de caoua moulu ; il fallait faire avec les moyens de communication du moment. Et comme on n'en était pas encore à essayer de prouver que les grains avaient bien été récoltés et séchés sur les hauts plateaux (où il n y a personne, Gringo !), et que par conséquent, le zig proposé était le plus bath ; on avait recours au bakchich promotionnel, soit la petite prime qui fait vendre, en visant principalement les lardons qui, accompagnant leur môman aux commissions ne manquaient pas de réclamer la marque qui offrait un joujou en plastoc. 

Et dans les années cinquante, c’était le jus en provenance du Brésil qui avait la cote, pardi, il permettait soyons en certain, chaque nuit, de goûter les petits à côté du péché*… Et comme une idée en entraîne une autre, nous allons aujourd'hui parler des Cafés Masda de Sao Paolo au Brésil !
 
Des Cafés Masda, aujourd'hui, il ne reste évidemment rien, le bâtiment comprenant les numéros 59 à 61 bis de la rue de la fédération dans le quinzième arrondissement de Paris a été détruit à la fin des années soixante ou au début de la décennie suivante, et a été remplacé par un immeuble d'habitation n'ayant même pas la décence d'afficher un style typique de cette époque là. Le bâtiment sis au 21 de l'avenue du Maine dans le même arrondissement, qui était la précédente adresse, a survécu, mais celui ci ayant déjà été délaissé en 1940 ne pourrait rien nous apprendre de plus. Enfin l'adresse donnée sur les images (ou vignettes), de la période Minialuxe ainsi que sur certaines boîtes de café, à savoir le 31 quai Marcel Boyer à Ivry (Seine), intrigue, car le côté impair est à priori celui de la Seine, et même sur les photos aériennes anciennes, on ne voit pas plus de bâtiments de ce côté hier, qu'aujourd'hui.
 
On sait grâce aux archives de la ville de Paris que les Cafés Masda ont été créés dans les années trente, le numéro de registre du commerce 262527B ayant été attribué entre le 4 juillet et le premier août 1934, mais à part quelques rare factures, (la plus ancienne retrouvée datant de 1940), il n'y a aucun document permettant d'effectuer des datations sérieuses.

La période des articles promotionnels pour Masda qui nous intéresse, se situe quelque part entre 1954 et l'aube des années soixante. 
Comparaison d'une boîte normale et d'une boîte de 
250 grammes (à droite) (photo du site eBay)
On trouve quatre types d'artefacts autour de l"automobile : Des silhouettes automobiles en plastique à la manière des plats d’étain, des miniatures au 1/46eme fabriquées par BS, identiques à celles offertes par Cotelle & Fouchet dans les paquets de lessive Crio**, des Dinky Toys et pas seulement la Studebaker Commander comme nous allons le voir plus loin, et enfin des Minialuxe parce que les Dinky c'est bien beau mais ça coûte !
 
Mettre en place une chronologie assurée de cet ensemble d'objets et de joujoux est assez délicat, de plus il n'y a pas eu que des petites autos, mais aussi les inévitables porte-clefs, jeu de cartes et autres... Enfin les images (ou bons), permettant de rafler une petite auto, permettaient aussi de récupérer gratis, un paquet (de 250 grammes ; faudrait pas abuser), de café moulu.
 
Il est possible que les modèles dits en "demi-ronde bosse" furent les premières primes offertes par Les Cafés Masda, avant les miniatures réelles, mais rien n'est certain.
 
Ils ne représentent certainement que des véhicules français, sont à priori au nombre de douze et mesurent environ 6 centimètres de long. Comme aucun marquage n'est indiqué à part l'énigmatique "Saomasda" qu'il faut comprendre comme : Cafés Masda de Sao Paolo, certains modèles peuvent être difficiles à identifier. Sont toutefois reconnaissables pèle-mêle :

Citroën 11cv avec malle (Juillet 1952 / AM 1953)
Citroën 2cv dont il est impossible, de profil, de deviner le millésime
Ford Comète avec de gros pare-chocs, donc plutôt un millésime tardif, 1953 / 54
Ford Vedette 1953 
Panhard Dyna Z 1954
Peugeot 203 Avec gouttières longues, donc avant 1954
Simca 9 Aronde, là aussi de profil il est impossible de faire la différence entre une "51" et une "54"
Simca 9 Coupé clairement ratée à moins qu'il ne s'agisse finalement d'une autre voiture...
Hotchkiss Anjou, fallait la trouver celle là, hein ?
Renault Frégate
Renault 4cv
 
Image reprise du site internet dédié aux Mokarex, ami lecteur sauras-tu reconnaître le modèle mystère ?

 
Tous ces véhicules existent en quatre coloris irisés différents : vert, gris, rouge et bronze doré. Les coloris varient légèrement selon les tirages. En revanche on peut trouver des coloris plus primaires et non irisés, sur les versions offertes par le biais des produits laitier de la SAFR (Société anonyme des fermiers réunis). Quelle que soit la raison sociale, ces petites choses en plastique partagent la même fragilité au niveau des montant de déflecteur, ces derniers étant souvent absents.
 
Deuxième variante du buvard Studebaker, la mention Dinky Toys
a été biffée, certainement à la demande de Meccano
On peut remarquer que toutes ces automobiles se situent dans une époque de production réduite, 11cv avec malle bombée (juillet 1952), Ford Vedette et Panhard Dyna Z (1954), la Peugeot 203 a encore ses flèches, mais celles-ci perdurent jusqu'en septembre 1956, en revanche il semblerait bien que les gouttières de pavillon soient "longues", ce qui daterait le modèle d'avant 1954. Quant à la 4cv il s'agit visiblement d'une "3 barres", donc 1954 encore.
 
Enfin il existe un douzième modèle qui pour le moment résiste à nos investigations... Ami lecteur, la balle est dans ton camp !
 
Les Dinky Toys... Soit ces modèles sont les premières primes proposées par Les Cafés Masda, soit ce sont les petites trapanelles en plastique citées plus haut ; mais on peut être certain que Meccano est la première marque de miniatures approchée. Le système de réclame Masda va aller de plus en plus vers l’économie passant du jouet luxueux en zamak véritable et aux images (ou timbres à la rigueur), en quadrichromie, au plastique et aux images (chromos ?), monochromes. Les Dinky Toys pouvaient être gagnées contre un nombre de petites images (aussi appelées : points), différents selon le type de modèle désiré (automobiles, camions, voire accessoires). On sait qu'il fallait douze images (je suis à cours de synonyme là), pour avoir une automobile de tourisme et le double pour un véhicule utilitaire.
 
Un mot sur le fameux buvard Studebaker. Il en existe trois variantes : Avec la mention Dinky Toys, avec cette même mention surchargée, puis la version la plus courante, sans la mention Dinky toys. On pourrait penser que le buvard a été utilisé pour promouvoir la campagne Minialuxe à suivre, d'où l'absence de mention du fabricant de jouets, mais il est plus probable que Meccano ait demandé à ne pas servir de publicité gratuite pour les Cafés Masda. Nul doute que les garnements avisés n'avaient nullement besoin du marquage pour reconnaître une Dinky
 
Malheureusement aucun marquage n'a jamais été appliqué sur des Dinky Toys, il s'agit d'exemplaires normaux, peints dans les coloris usine classiques et simplement achetés par Masda auprès de Meccano.
 
La liste des modèles proposés est certainement longue et couvre peut-être l'entièreté de la production Dinky Toys au milieu des années cinquante. La promotion dure sur toute l'année 1956, c'est certain, mais elle a peut-être commencé l'année précédente. Sur certaines images (on va rester sur images), la validité expire au 30 juin 1956 et sur d'autres, le 31 octobre de la même année. Ces dernières indiquent en outre l'existence d'un grand concours, il est probable qu'il s'agisse là de celui proposant des Austin à moteur thermique...

 
 
Les images retrouvées jusqu'à maintenant indiquent les modèles suivants : 
 
23H Talbot Lago 
24N Citroën 11BL
24R Peugeot 203
24U Simca 9 Aronde
24Y Studebaker Commander
25BV Peugeot D3A Postes 
25C Citroën Type H 1200 Kgs
29D Autobus Parisien 
32AB Panhard Movic SNCF 
32C Panhard Movic Citerne Esso
33A Simca Cargo Fourgon 
49D Station Essence


Cette liste est bien évidemment non exhaustive. 
 
En 1957, exit les Dinky Toys, on passe aux Minialuxe qui sont tout de même meilleur marché vous l'aurez compris. Tout comme pour la précédente campagne de promotion, il faut indiquer trois pays producteurs de café à sa demande de petite auto, et joindre douze ou vingt-quatre images selon le modèle désiré. Pour la campagne Minialuxe, les modèles disponibles sont mieux documentés. Avec douze images on peut obtenir les modèles au 1/43ème "motorisés" suivants : Simca Versailles, Citroën DS19, Peugeot 403, Renault Frégate, Hotchkiss Grégoire, Simca Aronde, Citroën Traction-Avant (sic), Ford Vedette, Peugeot 203 Commerciale et Renault Dauphine, soit les 10 modèles disponibles début 1957 chez Minialuxe. Mais pour le même nombre d'images , on peut aussi obtenir : Le pont élévateur, la petite guitoune avec l'agent de circulation, la station service BP, voire enfin le garage pour miniatures au 1/43ème.
 
Enfin pour vingt-quatre images, on passe à l'échelle supérieure, et l'offre concerne maintenant les modèles au 1/32ème : Simca Versailles, Citroën DS19, Peugeot 403, Renault Dauphine, Renault Goélette 1000Kgs et le petit autocar dont on ne peut vraiment pas affirmer qu'il est bien au 1/32ème. 

En 1958 on prend les mêmes et on recommence, il faut toujours indiquer trois pays producteurs de jus, et pour douze images, on peut encore obtenir les modèles à friction déjà cités. Mais il y a une petite nouveauté qui compense la perte de couleur des images : on peut aussi recevoir pour ce même nombre d'images (appelées aussi chèques en Belgique à l'époque, mais on s’égare), une des dix miniatures au 1/43ème cette fois-ci, non motorisées, mais en revanche accompagnées d'un élément de piste "Tobogan". 
 
Enfin si vraiment les parents étaient intoxiqués, géniteurs d'une famille extra nombreuse, ou que la daronne était cantinière dans la manufacture voisine, on pouvait demander trois éléments de support du fameux "Tobogan" ! Mais bon, tout gamin qui se respecte n'aurait jamais commencé par ce truc là, soyons en certain.
 
  
 
  
 
Pour vingt-quatre images, rien de changé, on peut toujours obtenir une grosse 1/32ème ou une petite boîte de caoua de 250 grammes, et nouveauté sans grand intérêt pour nous, avec trente images on pouvait obtenir une boîte de Super-Production "Moulu sous-vide" !
 
12 images pour une Minialuxe, le mouflet qui avait commencé sa récolte sous l'ère Dinky toys et qui recevait une Minialuxe a dû faire une drôle de tête. Du côté des Cafés Masda on peut comprendre qu'en considérant le tarif des productions balbyniennes par rapport aux oyonaxiennes, qu'il ne fut pas question de poursuivre l'aventure Meccano trop longtemps. 
 
Mais visiblement les deux campagnes sont différenciées, s'il faut écrire à Paris au service DK pour les Dinky Toys,, il faut en revanche écrire à Ivry au service ML pour les Minialuxe, donc à priori pas de confusion possible, néanmoins, quid des petits collecteurs d'images Dinky Toys ayant envoyé tardivement leur butin ?
 
Il semble qu'au 31 décembre 1958, la période Minialuxe soit définitivement révolue comme il est indiqué sur les images représentant une boîte de café, mais qui restent compatibles jusqu'à cette date avec ceux représentant des Minialuxe.
 

Orange clair ECF - Crio, à gauche, il semble que la nuance
vive soit unique aux modèles offerts par les Cafés Masda
Enfin, les modèles fournis par Beuzen & Sordet sont identiques à ceux offerts par la lessive Crio, seul le marquage Cafés Masda remplace le sigle ECF. Cependant ces miniatures sont très peu courantes et s'il existe beaucoup de coloris disponibles pour les ECF, il n'est pas absolument certain que des coloris tels que le vert ou l'orange clair aient été utilisés pour la marque de Caoua.***
 
On peut situer ces modèles vers 1959 et c'est en toute logique qu'ils prennent la suite des Minialuxe. 
 
Ce seront les dernières miniatures automobiles offertes par Les Cafés Masda, la mode passant, et un encadrement légale quant à la valeur des babioles offertes, les primes vont s'orienter vers des petits bidules en plastique, ou des porte-clefs selon le sens du vent. On peut aussi imaginer que la firme qui nous intéresse aujourd'hui ait eu des difficultés dans les années soixante et ait pu être rachetée par une marque concurrente telle que le Café Grand-Mère créé en 1954. Nous ne le saurons peut-être jamais, car s'il est très difficile de trouver des informations sur des créations d'entreprise avant l'ère internet, en trouver sur des dépôts de bilan l'est encore plus.
 
Et puis... Cet article ne saurait être complet sans parler du prix du grand concours ! Là encore tout est flou, s'agit-il bien de celui de 1956, c'est fort probable, que fallait-il faire pour y participer, Acheter du café, bien sûr, mais les instructions étant dans les sachets (ou boîtes) de café, nous en sommes réduits aux spéculations.
 
L'Austin J40 (J pour Junior), fait suite à deux autres modèles, la JOY 1 en 1946, qui n'est en fait qu'un prototype, et la Pathfinder Special basée sur la monoplace O.H.V. Austin 7 Racer. La production débute en 1949 dans une usine spéciale pour ces autos à pédales qui emploie d'anciens mineurs aux poumons fragilisés. La J40 reprend la ligne des Devon et Dorset de 1948, l'engouement pour ces autos à pédales sera immense, et passant les générations, les courses impliquant chaque année de nouveaux "petits pilotes", ne désemplissent pas.
En revanche, Austin ne commercialisera jamais de modèles à moteur thermique, mais bien évidemment il était très tentant pour une entreprise tierce, d'acheter un stock d'exemplaires à transformer avec des moteurs de tondeuse à gazon ou autres pétrolette, puis de les commercialiser à son tour. Il semblerait que ces transformations furent effectives à partir de 1957.
Toujours est-il que les Cafés Masda font l'acquisition d'une dizaine d'exemplaires pour un grand concours dont il ne reste aujourd’hui que le buvard publicitaire que l'on trouve de temps à autre.

 Un article rédigé par Erwan Pirot
 
Quelques images Dinky Toys ont été récupérées sur le Forum Les Années Norev dans un message posté par Christian Hardy, que je remercie et a qui je souhaite longue vie sur l'Île de Beauté, les autres sont © LRE

* Sur une musique de Francis Lopez bien évidemment avec des paroles de Raymond Vincy et d'Albert Willemetz qui a aussi bossé avec Henri Christiné et Sacha Guitry. Si aujourd'hui la version de Luis Mariano reste plus connue du grand public, ce sont bien Nelly Wick et Andrex qui ont créé "la Samba brésilienne" dans l'opérette "Quatre jours à Paris" en 1948.
** Ami lecteur court vite lire cet excellent article ou sois maudit jusqu'à la septième génération ! 
*** Pour en savoir plus sur BS, ami lecteur tu peux te rattraper de ton incurie en lisant notre bel article relatif aux miniatures promotionnelles de Jouef
 
Et puis pour continuer la lecture : 
 
Le site Mokarex animé par Ghislain Oubreyrie dont nous avons repris la photo légendée des miniatures en "demi-ronde bosse" après l'avoir dûment corrigée : https://www.mokarex.fr/index.html
 
Le Blog de l'Auto Jaune dan lequel Vincent Espinasse, évoque les Cafés Masda tout en nous faisant profiter de ses merveilleuses Studebakder 24Y aux coloris étonnants : https://autojauneblog.fr/tag/cafe-masda/
 
Blog La Malle à Papa quelques scannes de papiers sur les Cafés Masda, et d'autres articles : https://lamalleapapa.com/brand.php/cafe-masda-de-sao-paulo?id=cafe-masda-de-sao-paulo 
 
Article sur les Austin à moteur : http://www.austinmemories.com/styled-25/index.html  
 
Musée du Calendo avec de belles histoires et des scannes d’étiquettes de frometons toutes plus belles les unes que les autres : https://www.camembert-museum.com/

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Essai : J.R.D. les 2cv Fourgonnettes réf 108 – 109 – 118 (Modèles 51 & 61) et C.I.J. réf 3/76

Faisant suite aux références 111 et 117, J.R.D. va proposer très ra
pidement, à son catalogue de 1958, deux nouvelles versions de sa fourgonnette 51 sous les références 108 et 109. Contrairement à NOREV qui décline ses petits utilitaires 2cv en modèles publicitaires (Calor, Teppaz, Kodak…) la firme J.R.D. choisit, elle, d’opter pour des véhicules du service public.

Le premier, dédié à la toute nouvelle grande administration « Electricité de France » créée en 1946 par décision gouvernementale, est la représentation de la flotte existante de petits véhicules qui intervenaient sur le réseau ou chez les particuliers.
 
Sous la référence 108, il porte donc un logo EDF apposé sur fond jaune, dans un losange, sur les côtés du caisson arrière. Le modèle est fini en gris clair dans une couleur de série, le fameux bleu emblématique n’apparaissant qu’au milieu des années 60.
 
Il se caractérise par l’ajout d’une petite échelle pliante sur le toit qui a dû plaire aux gamins en son temps. Son châssis est bien entendu toujours du deuxième type (lettrage en relief), et ses roues chaussées de pneus blancs puis noirs.
 
La boîte, rouge puis jaune en fin de production, est celle de la version civile sur laquelle sont collées des petites étiquettes sur les deux rabats mentionnant la référence 108. 
 
En 1961 la fourgonnette « E.D.F. » bénéficie du nouveau capot, la référence demeure alors inchangée et sa boîte est maintenant exclusivement de couleur jaune. Sur cette version les pneus peuvent être soit blancs soit noirs, la carrosserie est peinte dans des gris plus ou moins foncés, et bien entendu ce gris n'est plus celui utilisé sur les modèles de série puisque dorénavant ceux-ci sont exclusivement peints en bleu moyen.
 
Simultanément, J.R.D. sort aussi une version « pompiers » sous la référence 109. Fini en rouge vif, le modèle est en tout point similaire dans ses évolutions à la version « E.D.F. ».  
L’échelle de reproduction est toujours le 1/40ème et sur le toit est présente la même petite échelle pliante. Les autocollants,  apposés  sur ses portières, portent l’emblème du régiment des Sapeurs Pompiers de la ville de Paris (Régiment qui deviendra brigade à partir de 1967). L’acronyme « SP » des Sapeurs Pompiers se rapportant aussi à la devise « Sauver ou Périr ». 
Là encore la boîte individuelle rouge, puis jaune à la fin des années 50, comporte sur ses rabats des petites étiquettes descriptives. La version 61 (boîte jaune) complète la série avec possiblement des rouges plus ou moins vifs (nuances).
 
En parallèle, et ce toujours en 1958, Dinky-toys France présente à son tour, une jolie version fourgonnette de sa 2cv en finition… Sapeurs Pompiers de Paris ! 
 

 
 
Contrairement aux marques concurrentes Dinky et C.I.J, voire Solido. qui possèdent toutes une jolie gamme de reproductions d’avions miniatures, et ce dès l’avant guerre pour certaines, J.R.D passe à côté de ce secteur au ciel déjà bien encombré et  va se contenter de reproduire un petit véhicule utilitaire aux couleurs de la compagnie Air France (nationalisée en 1945).
 
Sous la référence 118, deux ans après la sortie des références 108 et 109, c’est donc une nouvelle fourgonnette 2cv qui voit le jour. Le modèle est particulièrement attrayant avec sa découpe de peinture au pochoir, la base étant bleu et le haut du caisson blanc crème rehaussé par des autocollants AIR FRANCE en lettrage blanc sur fond bleu.
 
Le bleu moyen de la  version de 1960 est repris pour la  nouvelle de 1961, mais elle peut aussi bénéficier d’un bleu/violet sensiblement différent. Les pneus sont blancs ou noirs. Les boîtes, quant à elles,  sont toujours jaunes car 1960 est l'année charnière de leur  changement de teinte (à l'exception des TCF qui demeurent rouge). Elles comportent, là encore, deux petites étiquettes de références sur les deux rabats, de couleur bleu moyen sur les premières versions et bleu clair sur les suivantes.

Catalogue 1960 : Apparition de la nouvelle fourgonnette Air France
 

 
 
Catalogue 61 - Les mêmes avec les avants redessinés mais une absence de communication sur la réactualisation des modèles ?!
 
 
Tarif 62 - Des petites variations de prix (en nouveaux francs) sur les différentes 2cv. La "Air-France" fait encore figure de nouveauté au même titre que l'Ami 6 ou la Simca 1000 (qui elles n'ont pas encore de prix définis). Les Jaguar et les Fiat annoncées (présentes aussi sur le catalogue 62) ne verront malheureusement jamais le jour... chronique d'une fin annoncée ?
 
Il y aurait eu un retirage de 500 exemplaires ?!
Il faut aussi mentionner les très rares versions promotionnelles, réalisées uniquement sur des moules  51 et montées en roues type 2. Les deux premières sont les fameuses « COMAP et SUDO » finies en bleu soutenu et décorées de transferts, argentés (uniquement sur la SUDO) et oranges aux lettrages noirs, très décoratifs. Ces entreprises, liées à la robinetterie industrielle générale, ont perduré de nos jours mais, à notre connaissance, il n’existe pas de document d’époque concernant une quelconque opération publicitaire...
 
Seule information, les modèles étaient livrés en boîtes génériques rouges (réf 111) ce qui en situe la production dans la deuxième moitié des années cinquante. Le tirage, dont on ignore le nombre, n’ayant pas dû être très conséquent si on se rapporte aujourd’hui à la grande rareté de ces modèles. A noter que la version « COMAP » a aussi été produite sur la base du fourgon 1200kg. 
 
Les belles publicités parues dans Paris Match courant 58
la date de clôture de participation est  fixée au 1 septembre
Enfin, un modèle de fourgonnette fini dans le même bleu mais décoré aux noms de « Claudel-Roussin » a vu le jour récemment (ex collection Goirand et actuelle collection Espinasse). Pour le moment nos recherches le concernant sont restées vaines…
 
La suivante (et peut être la plus belle ?) est dédiée à la marque « Renfort 15 Nylon » de Besançon et cette fois ci nous avons plus de chance car plusieurs publicités sont connues ! Elles nous renseignent, dans un premier temps, sur la quantité de miniatures produites avec un premier tirage à 5000 exemplaires, suivi, sans doute, d’un second plus restreint à 500 « Pièce rare pour votre collection, puisqu’elle n’est cette année fabriquée qu’en 500 exemplaires ». Et puis les deux publicités parues dans Paris Match, illustrées de la main du dessinateur Coq, sont datées de l’année 1958. 
 
Le modèle est fini en jaune et les transferts « RENFORT NYLON 15 », ornant les côtés du véhicule, en bleu marine. Sur le capot, c’est la petite étiquette que l’on trouvait sur les vêtements qui est reproduite. La boîte, personnalisée, diffère de l’originale et à elle seule vaut le détour. Finie dans les couleurs de la miniature (Jaune et bleu) elle est vraiment très réussie.
 
Une des dernières publicités J.R.D. (JOUETS et JEUX 1964)
La communication n'est pas toujours fluide... Les nouveautés
mises en avant datent de 61 (DS cabriolet, Peugeot 404) et, en
revanche, celles de 62 (Ami 6, Simca 1000) ont été oubliées ?
Pour être complet sur le sujet, citons enfin une version antérieure aux précédentes (roues et châssis du premier type et donc sans boîte individuelle) possédant, sur une couleur grise basique, des petites décalcomanies aux couleurs des huiles « YACCO », indissociables dans la mémoire collective des records Citroën d’avant guerre. Ce modèle, relativement fréquent sur les tables des bourses dans les années 80, serait possiblement un code 3 ? À voir…
 
Tarif C.I.J. du 15 avril 1967, la 2cv poste (réf 3/76) est
proposée au prix public de 3.90 Frs (la 404, réf 3/13
en provenance de J.R.D., y est présente depuis 1966)
et d'autres nouveautés à paraître en mai !
Mais revenons aux modèles de série avec la reprise du moule de la fourgonnette 61 par la C.I.J.. Nous sommes en 1966, la firme J.R.D. qui diffusait encore des miniatures fin 64 (voir la facture datée sur l’article de la Traction 11cv) a définitivement cessé sa production (la date précise de cessation d’activité n’est pas connue mais on peut l’envisager courant 1965). La compagnie industrielle du jouet récupère alors le stock existant (ainsi que les moules ?) et, pour ce qui concerne les automobiles, le diffuse de façon pragmatique, rajoutant par exemple à son tarif de 1966 la 404 Peugeot restée à l’état de  prototype  dans son usine de Briare. Par ailleurs, sur ce tarif 66, apparaît en toutes lettres le nom de JRD accolé à ceux d’EUROPARC et CIJ, comme si ce n’était pas juste un simple rachat des invendus mais bien de la marque dans son intégralité, voir une fusion ?! Après relativisons, sur le dernier petit catalogue C.I.J., daté lui aussi de 1966, il n’est pas fait mention de J.R.D. et cette information n’était peut être destinée qu’aux revendeurs ? D'ailleurs, la majeure partie de la gamme ne sera pas reprise...
 
Dans la continuité des 2cv fourgonnettes créées par J.R.D., axées sur des reproductions de modèles issus du service public, c’est cette fois ci une version « Poste » qui voit le jour. La miniature est finie dans le nouveau jaune apparu en 1962, aujourd’hui surnommé le « jaune PTT » (AC 311 chez Citroën). Elle comporte, outre l’oiseau bleu stylisé (création de Guy Georget) sur ses portières, des petites étiquettes « caisse d’épargne » sur les cotés du caisson, lui-même étant rehaussé, sur toute sa longueur, d’un filet bleu réalisé au pinceau. Les pneus sont le plus souvent noirs mais peuvent parfois être blancs. 
 
Sous le châssis, un petit adhésif  "CIJ made in France" 
vient surcharger le marquage JRD
La boîte, jaune, est celle de la fourgonnette, une petite étiquette rapportée sur les rabats nous indiquant la référence 3/76. (Certains très rares modèles ayant été diffusés en boîte Europarc). Sous le châssis est apposé un adhésif comportant un marquage CIJ, de couleur bleue, indiquant en fin de compte la volonté de se démarquer du modèle originel. Cet adhésif est le plus souvent absent mais a laissé une trace sur la peinture du châssis indiquant la marque C.I.J.. 
 
A l’instar de la version « pompiers » produite par J.R.D. la version
« Poste » de C.I.J. se verra concurrencer par la parution du modèle
Dinky-Toys (Réf 560), qui, bien que sorti en 1963, comporte encore
l'ancien avant associé au nouveau logo de l'oiseau postal !
Mais, pour la C.I.J., le chant du cygne approche et cette production éphémère (une année seulement) est-elle une réutilisation opportune du stock de l’usine ou un vrai retirage ? Nous ne le saurons jamais mais la très faible quantité de modèles produits plaiderait plutôt pour la première hypothèse. Le modèle ne sort qu’au printemps 1967 et il côtoie, par exemple, sur le nouveau tarif professionnel, la rare version du 1200kg aux couleurs de Brandt (qui a connu en parallèle une diffusion promotionnelle) ainsi que l’emblématique Transcontinental express.
 
Avec du recul, cette série de 2cv utilitaires est une grande réussite dans son ensemble. Nous pourrions la comparer aux déclinaisons des fourgonnettes Renault 300kg chez C.I.J.. Toutes deux sont représentatives (et complémentaires) des petits utilitaires qui sillonnaient quotidiennement les routes de France à cette époque. Mais au début des années 60, les collectionneurs, et les enfants eux même, se tournent déjà vers plus de réalisme pour la représentation de leurs autos miniatures. L’échec de la série Junior de Dinky-Toys, pariant sur des modèles extrêmement dépouillés en entrée de gamme, est parlant. La Citroën ami 6 ou la Simca « 1000 », sorties chez J.R.D. en 62, en sont aussi de bons contre exemples : capot ouvrant, moteur, glace, sièges et suspension ! Et au final, comme pour les 2cv berlines ou les 11cv, les dernières fourgonnettes semblent, de par leur dépouillement, un peu dépassées… et c’est logique, car même si l’avant du modèle a été réactualisé en 61, le moule d’origine date, lui, aussi de 1954. Cela étant dit, pour les amateurs de jouets automobiles miniatures des années 50/60, et plus particulièrement pour les inconditionnels de la marque aux chevrons, cette série reste, à juste titre, un sujet incontournable.

                                                            Un grand merci à Michel pour les modèles qui illustrent cet article
Un article rédigé par Vincent Pirot