Avant une époque où tel un Indiana Jones de la torréfaction, ce sacré Gringo de Jacques Vabre devait se battre contre des Sud-américains dont la fourberie était tout aussi caricaturale que l’accent de Gérard Hernandez qui, soyons en certain, assurait entre deux doublages du Grand Schtroumpf, la voix off des réclames télévisées de cette marque de caoua moulu ; il fallait faire avec les moyens de communication du moment. Et comme on n'en était pas encore à essayer de prouver que les grains avaient bien été récoltés et séchés sur les hauts plateaux (où il n y a personne, Gringo !), et que par conséquent, le zig proposé était le plus bath ; on avait recours au bakchich promotionnel, soit la petite prime qui fait vendre, en visant principalement les lardons qui, accompagnant leur môman aux commissions ne manquaient pas de réclamer la marque qui offrait un joujou en plastoc.
Et dans les années cinquante, c’était le jus en provenance du Brésil qui
avait la cote, pardi, il permettait soyons en certain, chaque nuit, de
goûter les petits à côté du péché*… Et comme une idée en entraîne une autre, nous allons aujourd'hui parler des Cafés Masda de Sao Paolo au Brésil !Des Cafés Masda, aujourd'hui, il ne reste évidemment rien, le bâtiment comprenant les numéros 59 à 61 bis de la rue de la fédération dans le quinzième arrondissement de Paris a été détruit à la fin des années soixante ou au début de la décennie suivante, et a été remplacé par un immeuble d'habitation n'ayant même pas la décence d'afficher un style typique de cette époque là. Le bâtiment sis au 21 de l'avenue du Maine dans le même arrondissement, qui était la précédente adresse, a survécu, mais celui ci ayant déjà été délaissé en 1940 ne pourrait rien nous apprendre de plus. Enfin l'adresse donnée sur les images (ou vignettes), de la période Minialuxe ainsi que sur certaines boîtes de café, à savoir le 31 quai Marcel Boyer à Ivry (Seine), intrigue, car le côté impair est à priori celui de la Seine, et même sur les photos aériennes anciennes, on ne voit pas plus de bâtiments de ce côté hier, qu'aujourd'hui.
On sait grâce aux archives de la ville de Paris que les Cafés Masda ont été créés dans les années trente, le numéro de registre du commerce 262527B ayant été attribué entre le 4 juillet et le premier août 1934, mais à part quelques rare factures, (la plus ancienne retrouvée datant de 1940), il n'y a aucun document permettant d'effectuer des datations sérieuses.La période des articles promotionnels pour Masda qui nous intéresse, se situe quelque part entre 1954 et l'aube des années soixante.
On trouve quatre types d'artefacts autour de l"automobile : Des silhouettes automobiles en plastique à la manière des plats d’étain, des miniatures au 1/46eme fabriquées par BS, identiques à celles offertes par Cotelle & Fouchet dans les paquets de lessive Crio**, des Dinky Toys et pas seulement la Studebaker Commander comme nous allons le voir plus loin, et enfin des Minialuxe parce que les Dinky c'est bien beau mais ça coûte !
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Comparaison d'une boîte normale et d'une boîte de 250 grammes (à droite) (photo du site eBay) |


Mettre en place une chronologie assurée de cet ensemble d'objets et de joujoux est assez délicat, de plus il n'y a pas eu que des petites autos, mais aussi les inévitables porte-clefs, jeu de cartes et autres... Enfin les images (ou bons), permettant de rafler une petite auto, permettaient aussi de récupérer gratis, un paquet (de 250 grammes ; faudrait pas abuser), de café moulu.Il est possible que les modèles dits en "demi-ronde bosse" furent les premières primes offertes par Les Cafés Masda, avant les miniatures réelles, mais rien n'est certain.
Ils ne représentent certainement que des véhicules français, sont à priori au nombre de douze et mesurent environ 6 centimètres de long. Comme aucun marquage n'est indiqué à part l'énigmatique "Saomasda" qu'il faut comprendre comme : Cafés Masda de Sao Paolo, certains modèles peuvent être difficiles à identifier. Sont toutefois reconnaissables pèle-mêle :
Citroën 11cv avec malle (Juillet 1952 / AM 1953)
Citroën 2cv dont il est impossible, de profil, de deviner le millésime
Ford Comète avec de gros pare-chocs, donc plutôt un millésime tardif, 1953 / 54
Ford Vedette 1953
Panhard Dyna Z 1954
Peugeot 203 Avec gouttières longues, donc avant 1954
Simca 9 Aronde, là aussi de profil il est impossible de faire la différence entre une "51" et une "54"
Simca 9 Coupé clairement ratée à moins qu'il ne s'agisse finalement d'une autre voiture...
Hotchkiss Anjou, fallait la trouver celle là, hein ?
Renault Frégate
Renault 4cv
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| Image reprise du site internet dédié aux Mokarex, ami lecteur sauras-tu reconnaître le modèle mystère ? |
Tous ces véhicules existent en quatre coloris irisés différents : vert, gris, rouge et bronze doré. Les coloris varient légèrement selon les tirages. En revanche on peut trouver des coloris plus primaires et non irisés, sur les versions offertes par le biais des produits laitier de la SAFR (Société anonyme des fermiers réunis). Quelle que soit la raison sociale, ces petites choses en plastique partagent la même fragilité au niveau des montant de déflecteur, ces derniers étant souvent absents.
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Deuxième variante du buvard Studebaker, la mention Dinky Toys a été biffée, certainement à la demande de Meccano |
Enfin il existe un douzième modèle qui pour le moment résiste à nos investigations... Ami lecteur, la balle est dans ton camp !





Les Dinky Toys... Soit ces modèles sont les premières primes proposées par Les Cafés Masda, soit ce sont les petites trapanelles en plastique citées plus haut ; mais on peut être certain que Meccano est la première marque de miniatures approchée. Le système de réclame Masda va aller de plus en plus vers l’économie passant du jouet luxueux en zamak véritable et aux images (ou timbres à la rigueur), en quadrichromie, au plastique et aux images (chromos ?), monochromes. Les Dinky Toys pouvaient être gagnées contre un nombre de petites images (aussi appelées : points), différents selon le type de modèle désiré (automobiles, camions, voire accessoires). On sait qu'il fallait douze images (je suis à cours de synonyme là), pour avoir une automobile de tourisme et le double pour un véhicule utilitaire.Un mot sur le fameux buvard Studebaker. Il en existe trois variantes : Avec la mention Dinky Toys, avec cette même mention surchargée, puis la version la plus courante, sans la mention Dinky toys. On pourrait penser que le buvard a été utilisé pour promouvoir la campagne Minialuxe à suivre, d'où l'absence de mention du fabricant de jouets, mais il est plus probable que Meccano ait demandé à ne pas servir de publicité gratuite pour les Cafés Masda. Nul doute que les garnements avisés n'avaient nullement besoin du marquage pour reconnaître une Dinky
Malheureusement aucun marquage n'a jamais été appliqué sur des Dinky Toys, il s'agit d'exemplaires normaux, peints dans les coloris usine classiques et simplement achetés par Masda auprès de Meccano.
La liste des modèles proposés est certainement longue et couvre peut-être l'entièreté de la production Dinky Toys au milieu des années cinquante. La promotion dure sur toute l'année 1956, c'est certain, mais elle a peut-être commencé l'année précédente. Sur certaines images (on va rester sur images), la validité expire au 30 juin 1956 et sur d'autres, le 31 octobre de la même année. Ces dernières indiquent en outre l'existence d'un grand concours, il est probable qu'il s'agisse là de celui proposant des Austin à moteur thermique...
Les images retrouvées jusqu'à maintenant indiquent les modèles suivants :
23H Talbot Lago
24N Citroën 11BL
24R Peugeot 203
24U Simca 9 Aronde
24Y Studebaker Commander
25BV Peugeot D3A Postes
25C Citroën Type H 1200 Kgs
29D Autobus Parisien
32AB Panhard Movic SNCF
32C Panhard Movic Citerne Esso
33A Simca Cargo Fourgon
49D Station Essence
Cette liste est bien évidemment non exhaustive.


En 1957, exit les Dinky Toys, on passe aux Minialuxe qui sont tout de même meilleur marché vous l'aurez compris. Tout comme pour la précédente campagne de promotion, il faut indiquer trois pays producteurs de café à sa demande de petite auto, et joindre douze ou vingt-quatre images selon le modèle désiré. Pour la campagne Minialuxe, les modèles disponibles sont mieux documentés. Avec douze images on peut obtenir les modèles au 1/43ème "motorisés" suivants : Simca Versailles, Citroën DS19, Peugeot 403, Renault Frégate, Hotchkiss Grégoire, Simca Aronde, Citroën Traction-Avant (sic), Ford Vedette, Peugeot 203 Commerciale et Renault Dauphine, soit les 10 modèles disponibles début 1957 chez Minialuxe. Mais pour le même nombre d'images , on peut aussi obtenir : Le pont élévateur, la petite guitoune avec l'agent de circulation, la station service BP, voire enfin le garage pour miniatures au 1/43ème.Enfin pour vingt-quatre images, on passe à l'échelle supérieure, et l'offre concerne maintenant les modèles au 1/32ème : Simca Versailles, Citroën DS19, Peugeot 403, Renault Dauphine, Renault Goélette 1000Kgs et le petit autocar dont on ne peut vraiment pas affirmer qu'il est bien au 1/32ème.
En 1958 on prend les mêmes et on recommence, il faut toujours indiquer trois pays producteurs de jus, et pour douze images, on peut encore obtenir les modèles à friction déjà cités. Mais il y a une petite nouveauté qui compense la perte de couleur des images : on peut aussi recevoir pour ce même nombre d'images (appelées aussi chèques en Belgique à l'époque, mais on s’égare), une des dix miniatures au 1/43ème cette fois-ci, non motorisées, mais en revanche accompagnées d'un élément de piste "Tobogan". Enfin si vraiment les parents étaient intoxiqués, géniteurs d'une famille extra nombreuse, ou que la daronne était cantinière dans la manufacture voisine, on pouvait demander trois éléments de support du fameux "Tobogan" ! Mais bon, tout gamin qui se respecte n'aurait jamais commencé par ce truc là, soyons en certain.


Pour vingt-quatre images, rien de changé, on peut toujours obtenir une grosse 1/32ème ou une petite boîte de caoua de 250 grammes, et nouveauté sans grand intérêt pour nous, avec trente images on pouvait obtenir une boîte de Super-Production "Moulu sous-vide" !12 images pour une Minialuxe, le mouflet qui avait commencé sa récolte sous l'ère Dinky toys et qui recevait une Minialuxe a dû faire une drôle de tête. Du côté des Cafés Masda on peut comprendre qu'en considérant le tarif des productions balbyniennes par rapport aux oyonaxiennes, qu'il ne fut pas question de poursuivre l'aventure Meccano trop longtemps.
Mais visiblement les deux campagnes sont différenciées, s'il faut écrire à Paris au service DK pour les Dinky Toys,, il faut en revanche écrire à Ivry au service ML pour les Minialuxe, donc à priori pas de confusion possible, néanmoins, quid des petits collecteurs d'images Dinky Toys ayant envoyé tardivement leur butin ?
Il semble qu'au 31 décembre 1958, la période Minialuxe soit définitivement révolue comme il est indiqué sur les images représentant une boîte de café, mais qui restent compatibles jusqu'à cette date avec ceux représentant des Minialuxe.
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Orange clair ECF - Crio, à gauche, il semble que la nuance vive soit unique aux modèles offerts par les Cafés Masda |
On peut situer ces modèles vers
1959 et c'est en toute logique qu'ils prennent la suite des Minialuxe. Ce seront les dernières miniatures automobiles offertes par Les Cafés Masda, la mode passant, et un encadrement légale quant à la valeur des babioles offertes, les primes vont s'orienter vers des petits bidules en plastique, ou des porte-clefs selon le sens du vent. On peut aussi imaginer que la firme qui nous intéresse aujourd'hui ait eu des difficultés dans les années soixante et ait pu être rachetée par une marque concurrente telle que le Café Grand-Mère créé en 1954. Nous ne le saurons peut-être jamais, car s'il est très difficile de trouver des informations sur des créations d'entreprise avant l'ère internet, en trouver sur des dépôts de bilan l'est encore plus.
Et puis... Cet article ne saurait être complet sans parler du prix du grand concours ! Là encore tout est flou, s'agit-il bien de celui de 1956, c'est fort probable, que fallait-il faire pour y participer, Acheter du café, bien sûr, mais les instructions étant dans les sachets (ou boîtes) de café, nous en sommes réduits aux spéculations.L'Austin J40 (J pour Junior), fait suite à deux autres modèles, la JOY 1 en 1946, qui n'est en fait qu'un prototype, et la Pathfinder Special basée sur la monoplace O.H.V. Austin 7 Racer. La production débute en 1949 dans une usine spéciale pour ces autos à pédales qui emploie d'anciens mineurs aux poumons fragilisés. La J40 reprend la ligne des Devon et Dorset de 1948, l'engouement pour ces autos à pédales sera immense, et passant les générations, les courses impliquant chaque année de nouveaux "petits pilotes", ne désemplissent pas.
En revanche, Austin ne commercialisera jamais de modèles à moteur thermique, mais bien évidemment il était très tentant pour une entreprise tierce, d'acheter un stock d'exemplaires à transformer avec des moteurs de tondeuse à gazon ou autres pétrolette, puis de les commercialiser à son tour. Il semblerait que ces transformations furent effectives à partir de 1957.
Toujours est-il que les Cafés Masda font l'acquisition d'une dizaine d'exemplaires pour un grand concours dont il ne reste aujourd’hui que le buvard publicitaire que l'on trouve de temps à autre.
Un article rédigé par Erwan Pirot
Quelques images Dinky Toys ont été récupérées sur le Forum Les Années Norev dans un message posté par Christian Hardy, que je remercie et a qui je souhaite longue vie sur l'Île de Beauté, les autres sont © LRE* Sur une musique de Francis Lopez bien évidemment avec des paroles de Raymond Vincy et d'Albert Willemetz qui a aussi bossé avec Henri Christiné et Sacha Guitry. Si aujourd'hui la version de Luis Mariano reste plus connue du grand public, ce sont bien Nelly Wick et Andrex qui ont créé "la Samba brésilienne" dans l'opérette "Quatre jours à Paris" en 1948.
** Ami lecteur court vite lire cet excellent article ou sois maudit jusqu'à la septième génération !
*** Pour en savoir plus sur BS, ami lecteur tu peux te rattraper de ton incurie en lisant notre bel article relatif aux miniatures promotionnelles de Jouef
Et puis pour continuer la lecture :
Le site Mokarex animé par Ghislain Oubreyrie dont nous avons repris la photo légendée des miniatures en "demi-ronde bosse" après l'avoir dûment corrigée : https://www.mokarex.fr/index.html
Le Blog de l'Auto Jaune dan lequel Vincent Espinasse, évoque les Cafés Masda tout en nous faisant profiter de ses merveilleuses Studebakder 24Y aux coloris étonnants : https://autojauneblog.fr/tag/cafe-masda/
Blog La Malle à Papa quelques scannes de papiers sur les Cafés Masda, et d'autres articles : https://lamalleapapa.com/brand.php/cafe-masda-de-sao-paulo?id=cafe-masda-de-sao-paulo
Article sur les Austin à moteur : http://www.austinmemories.com/styled-25/index.html
Musée du Calendo avec de belles histoires et des scannes d’étiquettes de frometons toutes plus belles les unes que les autres : https://www.camembert-museum.com/
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