Comme nous l'avons vu il y a quelques mois dans l'article sur la Toyopet Crown (1), les restrictions d’après-guerre sur la fabrication de voitures particulières japonaises furent complètement levées en octobre 1949. En Allemagne, les choses allèrent un peu plus vite. Il est vrai que certains des pays occupants après mai 1945, cherchèrent à faire redémarrer l'industrie germanique le plus rapidement possible. Et effectivement, on ne pourra pas reprocher aux britanniques d'avoir traîner sur le projet Volkswagen, celui ci se transformant rapidement en success story comme on le sait maintenant.
Et tout comme en Allemagne durant la deuxième moitié des années trente, les budgets étaient rapidement passés vers l'armement. L'influence très forte des militaires, les velléités de pan-asianisme sous domination japonaise, la guerre sino-japonaise puis l'entrée en guerre contre les États-Unis, avaient porté un coup fatal à l'industrie automobile de l'archipel. Après l'effort de guerre, les entreprises démobilisées durent rapidement sauter du militaire au civil en passant par la case entretien du matériel d'origine américain, avant même d'oser imaginer pouvoir concevoir des véhicules quels qu'ils fussent. On imagine aisément le peu d'entrain des ouvriers et ingénieurs passant de la conception et construction aéronautique à la réparation de Jeep et de GMC, même si le remorquage de ces derniers effectués à l'aide d'Harley-Davidson pouvait s'avérer jubilatoire. Enfin surtout raconté cinquante ans après, dans les bars où le saké coule à flots (2).
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| Une Austin A50 fabriquée au Japon |
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| Version de base 310 ou 311 issue d'un catalogue 1961 |
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| Découpe de couleurs classique sur version P311 |
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| Une P312 de 1962-63 (photo coll. Koyata Iwasaki) |
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| Présentation à la presse de la 312 (photo coll. Koyata Iwasaki) |
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Nouvelle découpe de couleurs pour les versions Deluxe notez le logo Full sur la calandre indiquant que la boîte de vitesse est synchronisée (photo coll. Koyata Iwasaki) |
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Réclame américaine pour la Bluebird |
Typique de cette époque, le levier de vitesse est "à l'américaine", au volant. En juillet 1960, sort la PW310, W pour wagon, une très jolie version break ressemblant fort au light van issu
de la série précédente. Bien que cette fois ci il s'agisse d'une
automobile de tourisme avec une possibilité d'utilisation commerciale et
non plus d'un véhicule utilitaire, c'est une première au Japon.À partir de juillet 1960 les Bluebird seront donc disponibles en 1200cc sous
les appellations P310, P311 et P312 mais également en version 1000cc plus économique, la
lettre P (pour power ?), disparaissant alors. Outre la possibilité d'avoir le moteur de
1200cc à soupapes en tête développant 55cv depuis février 1961, c'est
surtout la boîte 3 vitesse entièrement synchronisées qui fait la
grande différence entre les 310 et P311, en outre un embrayage Saxomat est
disponible en option.
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Cette jeune femme pose fièrement devant sa Bluebird qui arbore plusieurs des options de la Fancy Deluxe, néanmoins il s'agit en fait d'une P311 Deluxe accessoirisée |
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L'intérieur d'une Fancy Deluxe avec le porte parapluie et les petits rideaux (photo Nissan) |
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Tableau de bord modernisé de la Fancy Deluxe Notez à gauche l'emplacement pour glisser la paire de pompes à talons de madame (photo X) |
Chez les réducteurs, les deux principales marques japonaises vont jeter leur dévolu sur la nouvelle Bluebird. Au 1/45ème, ATC dans sa série Model Pet proposera les deux versions de la première Bluebird, premièrement sous la référence 5 puis sous la référence 17 en retouchant un peu le moule, cette dernière étant supposée représenter la Fancy-Deluxe alors qu'elle sera toujours proposée en peinture unicolore. 
Les coloris de La Bluebird Model Pet sont pour la référence 5 bleu gris métallisé, rouge, bleu et blanc et rouge et blanc (ou ivoire). Il est bien évidemment possible qu'il y ait d'autres coloris plus confidentiels. Il est généralement très peu visible, mais il y a un petit tampon surchargeant les rabats des boîtes des versions bicolores.
Les jantes sont à insert crème avec une petite touche de chrome en leur milieu, ce placage ne résistant pas très bien au temps. Les modèles sont toujours vitrés mais ne possèdent pas d'intérieur. Pour la référence 17, les coloris constatés sont rouge foncé avec jantes identiques à la version précédente, puis vert pomme ou crème, ces deux derniers coloris étant eux, équipés de jantes "tournées". Cette version est toujours équipée d'un intérieur et d'une suspension.
Chez Taiseiya, trois versions sont disponibles. D’abord la Bluebird 310 sous la référence numéro 2 dans la première série Micro Pet équipée de moteur à friction qui sort en juin 1961. L'échelle choisie est comme pour ATC, le 1/45ème. Si les exemplaires de début de production sont unicolores, ils sont rapidement remplacés par des versions bicolores. Celles ci bénéficient de deux types de découpe de couleurs : avec le pavillon et les montants, d'un coloris différent de celui de la caisse, et une deuxième version dont le pavillon, les baies de pare-brise et de lunette arrière sont peint dans un coloris identique à celui du bas de caisse, un deuxième coloris faisant une démarcation.
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| Comparaison entre la Model Pet et la Micro Pet |
La 312 Micro Pet qui sort en 1962, est quant à elle, toujours bicolore reprenant la démarcation au niveau de la ceinture de caisse de la 310 mais avec le haut de caisse du même coloris que le pavillon.
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Photo iconique tirée du premier catalogue Taisiya. Pas moins de 7 Bluebird type 1 sont sur la table, plus une huitième dans la main du jeune garçon !!! |
Néanmoins même si la deuxième
variante pourrait avoir bénéficié d'une plus longue carrière, elle est
quasiment introuvable et atteint des sommets affolants dans les ventes
aux enchères japonaises. Ceci s'explique certainement par l'immense
popularité de Datsun au Japon, tant à l'époque où, les bambins locaux se
ruaient sur ces modèles, que de nos jours, auprès des collectionneurs. La 312 sort du catalogue courant 1963, elle aura été produite durant deux ans en quantités limitées, Taiseiya n'ayant pas les cadences d'ATC.
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Superbe exemplaire de la 312 avec sa boîte neutre d'origine comme souvent pour les modèles de fin de production (photo tirée du livre de Shuji Imai) |
Les coloris recensés pour la 310 sont : gris, rouge foncé et bordeaux pour les versions unicolores. Beige et ivoire pour la première et pour la deuxième découpe et enfin bleu-gris et blanc ainsi que vieux rose et blanc cassé, uniquement en deuxième découpe.
Les jantes de ces modèles sont d'abord du type A en métal bombé, dites steel pressed, ont les retrouve sur les version unicolores de début de production puis sur les première bicolores, enfin ces dernière sont plus largement équipées de jantes type C avec insert du plus bel effet. De vraies Deluxe !
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| Cliché d'un alignement qui se passe de commentaire (photo tirée du livre de Shuji Imai) |
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| Beau cliché promotionnel de la DP312-L Fancy Deluxe |
Pour la 312 on peut trouver les coloris suivants : Orange et crème, Saumon et ivoire et brun-rouge et ivoire. À priori la 312 est toujours équipée de jantes à insert, néanmoins il existe un exemplaire pourvu de vieilles roues... Taiseiya étant une firme proche de l'artisanat, il y a souvent des
exceptions, il existe notamment au moins un exemplaire bicolore de la
312 avec la découpe de la 310 en beige et blanc cassé qui a atteint
la somme de ¥ 503.000 (environ 3500 euro) il y a quelques années à la
suite d'une enchère durement disputée. L’exemplaire en question n'avait
pas sa boîte.

Et enfin la très rare (ou tout aussi rare), Cherryca Phenix n° 22 au 1/40ème, première Taiseiya avec des ouvrants, qui, si elle sort officiellement en juin 1963, n'est finalement commercialisée qu'à partir du mois d'octobre de cette même année, soit un mois après la présentation en septembre de la Bluebird 410 par Datsun au salon de Tokyo. Taiseiya choisira immédiatement d'abandonner ce modèle pour se consacrer aux autres nouveautés.Ceci s'explique par le fait que Taiseiya était une très petite entreprise dont le mode de fabrication des modèles de la série Cherryca Phenix était luxueux, attentionné et lent, on parle de nos jours de quelques centaines d'unités sortant quotidiennement de l'usine, rien à voir avec ATC ou encore pire, avec les marques européennes telles que Dinky ou surtout Norev dont les chiffres de productions étaient trois fois plus importants que ceux de Bobigny.
Si il est relativement aisé de trouver les versions commercialisées par la Asahi Toys Company, il n'en est malheureusement pas de même pour celles émanant de chez Taiseiya, il existe aussi pour les fins gourmets, de grandes "tôles" fabriquées par Bandai (310 et 312), aussi belles qu'onéreuses...
À suivre avec la BlueBird 410
Un article rédigé par Erwan Pirot
Sources : Nissan Global, Wikipedia, Classic car catalogue
Toy cars Made in Japan 1950-1960s par Shuji Imai
Les documents et miniatures photographiées, sauf indication contraire, sont © La Route Enchantée
(1) Ami lecteur, si tu as oublié de lire ce merveilleux article, dépêche toi de cliquer dans le lien ci après afin de parfaire ta culture automobilistique : Toyopet Crown Deluxe RS
(2) Libre adaptation d'une légende urbaine tenace dans les années 60 à 80, et véhiculée par ceux qui en avaient été "témoins" à la libération !
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