Faisant
suite aux références 111 et 117, J.R.D. va proposer très rapidement, à son
catalogue de 1958, deux nouvelles versions de sa fourgonnette 51 sous
les
références 108 et 109. Contrairement à NOREV qui décline ses petits
utilitaires
2cv en modèles publicitaires (Calor, Teppaz, Kodak…) la firme J.R.D. choisit,
elle, d’opter pour des véhicules du service public.

Sous
la
référence 108, il porte donc un logo EDF apposé sur fond jaune, dans un
losange, sur les côtés du caisson arrière. Le modèle est fini en gris
clair
dans une couleur de série, le fameux bleu emblématique n’apparaissant
qu’au
milieu des années 60.
Il se caractérise par l’ajout d’une petite échelle
pliante sur le toit qui a dû plaire aux gamins en son temps. Son châssis
est
bien entendu toujours du deuxième type (lettrage en relief), et ses
roues
chaussées de pneus blancs puis noirs.
La boîte, rouge puis jaune en fin
de
production, est celle de la version civile sur laquelle sont collées des
petites
étiquettes sur les deux rabats mentionnant la référence 108.
En 1961 la
fourgonnette « E.D.F. » bénéficie du nouveau capot, la référence
demeure alors inchangée et sa boîte est maintenant exclusivement de
couleur jaune.
Sur cette version les pneus peuvent être soit blancs soit noirs, la carrosserie est peinte dans des gris plus ou moins foncés, et bien entendu ce gris
n'est plus celui utilisé sur les modèles de série puisque dorénavant
ceux-ci sont exclusivement peints en bleu moyen.
Simultanément,
J.R.D. sort aussi une version « pompiers » sous la référence 109.
Fini en rouge vif, le modèle est en tout point similaire dans ses évolutions
à la version « E.D.F. ». L’échelle de reproduction est toujours le
1/40ème et sur le toit est présente la même petite échelle pliante.
Les autocollants, apposés sur ses portières, portent l’emblème du
régiment des Sapeurs Pompiers de la ville de Paris (Régiment qui deviendra
brigade à partir de 1967). L’acronyme « SP » des Sapeurs Pompiers se
rapportant aussi à la devise « Sauver ou Périr ».
Là encore la boîte
individuelle rouge, puis jaune à la fin des années 50, comporte sur ses rabats
des petites étiquettes descriptives. La version 61 (boîte jaune) complète la
série avec possiblement des rouges plus ou moins vifs (nuances).
En
parallèle, et ce toujours en 1958, Dinky-toys France présente à son
tour, une jolie version fourgonnette de sa 2cv en finition… Sapeurs
Pompiers de Paris !
Contrairement
aux marques concurrentes Dinky et C.I.J, voire Solido. qui possèdent
toutes une jolie gamme de reproductions d’avions miniatures, et ce dès
l’avant guerre pour certaines, J.R.D passe à côté de ce secteur au ciel
déjà bien encombré et va se contenter de reproduire un petit véhicule
utilitaire aux couleurs de la compagnie Air France (nationalisée en
1945).
Sous
la référence 118, deux ans après la sortie des références 108 et 109,
c’est donc une nouvelle fourgonnette 2cv qui voit le jour. Le modèle est
particulièrement attrayant avec sa découpe de peinture au pochoir, la
base étant bleu et le haut du caisson blanc crème rehaussé par des
autocollants AIR FRANCE en lettrage blanc sur fond bleu.
Le
bleu moyen de la version de 1960 est repris pour la nouvelle de 1961,
mais elle peut aussi bénéficier d’un bleu/violet sensiblement
différent. Les pneus sont blancs ou noirs. Les boîtes, quant à elles, sont toujours jaunes car 1960 est l'année charnière de leur changement de teinte (à l'exception des TCF qui demeurent rouge). Elles comportent, là encore, deux petites étiquettes
de références sur les deux rabats, de couleur bleu moyen sur
les premières versions et bleu clair sur les suivantes.
![]() |
| Catalogue 1960 : Apparition de la nouvelle fourgonnette Air France |
![]() |
Catalogue 61 - Les mêmes avec les avants redessinés mais une absence de communication sur la réactualisation des modèles ?! |
![]() |
| Il y aurait eu un retirage de 500 exemplaires ?! |
Il
faut aussi mentionner les très rares versions promotionnelles, réalisées
uniquement sur des moules 51
et montées
en roues type 2. Les deux premières sont les fameuses « COMAP et
SUDO » finies en bleu soutenu et décorées de transferts, argentés
(uniquement sur la SUDO) et oranges aux lettrages noirs, très
décoratifs. Ces
entreprises, liées à la robinetterie industrielle générale, ont perduré
de
nos jours mais, à notre connaissance, il n’existe pas de document
d’époque
concernant une quelconque opération publicitaire...Seule information,
les
modèles étaient livrés en boîtes génériques rouges (réf 111) ce qui en
situe la
production dans la deuxième moitié des années cinquante. Le tirage, dont
on ignore le nombre, n’ayant pas dû être très conséquent si on se
rapporte
aujourd’hui à la grande rareté de ces modèles. A noter que la version
« COMAP » a aussi été produite sur la base du fourgon 1200kg.
![]() |
| Les belles publicités parues dans Paris Match courant 58 la date de clôture de participation est fixée au 1 septembre |
La
suivante (et peut être la plus belle ?) est dédiée à la marque
« Renfort 15 Nylon » de Besançon et cette fois ci nous avons plus de
chance car plusieurs publicités sont connues ! Elles nous renseignent, dans
un premier temps, sur la quantité de miniatures produites avec un premier tirage
à 5000 exemplaires, suivi, sans doute, d’un second plus restreint à 500
« Pièce rare pour votre collection, puisqu’elle n’est cette année
fabriquée qu’en 500 exemplaires ». Et puis les deux publicités parues dans Paris
Match, illustrées de la main du dessinateur Coq, sont datées de l’année 1958. Le modèle est fini en jaune et les transferts « RENFORT NYLON 15 »,
ornant les côtés du véhicule, en bleu marine. Sur le capot, c’est la petite
étiquette que l’on trouvait sur les vêtements qui est reproduite. La boîte,
personnalisée, diffère de l’originale et à elle seule vaut le détour. Finie
dans les couleurs de la miniature (Jaune et bleu) elle est vraiment très
réussie.
Pour
être complet sur le sujet, citons enfin une version antérieure aux précédentes
(roues et châssis du premier type et donc sans boîte individuelle) possédant,
sur une couleur grise basique, des petites décalcomanies aux couleurs des
huiles « YACCO », indissociables dans la mémoire collective des
records Citroën d’avant guerre. Ce modèle, relativement fréquent sur les tables
des bourses dans les années 80, serait possiblement un code 3 ? À voir…
Mais
revenons aux modèles de série avec la reprise du moule de la fourgonnette 61
par la C.I.J.. Nous sommes en 1966, la firme J.R.D. qui diffusait encore des
miniatures fin 64 (voir la facture datée sur l’article de la Traction 11cv) a
définitivement cessé sa production (la date précise de cessation d’activité
n’est pas connue mais on peut l’envisager courant 1965). La compagnie
industrielle du jouet récupère alors le stock existant (ainsi que les
moules ?) et, pour ce qui concerne les automobiles, le diffuse de façon
pragmatique, rajoutant par exemple à son tarif de 1966 la 404 Peugeot restée à l’état
de prototype dans
son usine de Briare. Par ailleurs,
sur ce tarif 66, apparaît en toutes lettres le nom de JRD accolé à ceux
d’EUROPARC et CIJ, comme si ce n’était pas juste un simple rachat des
invendus mais bien de la marque dans son intégralité, voir une fusion ?!
Après relativisons, sur
le dernier petit catalogue C.I.J., daté lui aussi de 1966, il n’est pas
fait mention de J.R.D. et
cette information n’était peut être destinée qu’aux revendeurs ?
D'ailleurs, la majeure partie de la gamme ne sera pas reprise...
Dans
la continuité des 2cv fourgonnettes créées par J.R.D., axées sur des
reproductions de modèles issus du service public, c’est cette fois ci une
version « Poste » qui voit le jour. La miniature est finie dans le
nouveau jaune apparu en 1962, aujourd’hui surnommé le « jaune PTT »
(AC 311 chez Citroën). Elle comporte, outre l’oiseau bleu stylisé (création de Guy Georget) sur
ses portières, des petites étiquettes « caisse d’épargne » sur les
cotés du caisson, lui-même étant rehaussé, sur toute sa longueur, d’un filet bleu
réalisé au pinceau. Les pneus sont le plus souvent noirs mais peuvent parfois être blancs. ![]() |
Sous le châssis, un petit adhésif "CIJ made in France" vient surcharger le marquage JRD |
Mais, pour la C.I.J.,
le chant du cygne approche et cette production éphémère (une
année seulement) est-elle une réutilisation opportune du stock de
l’usine ou un
vrai retirage ? Nous ne le saurons jamais mais la très faible quantité
de
modèles produits plaiderait plutôt pour la première hypothèse. Le modèle
ne
sort qu’au printemps 1967 et il côtoie, par exemple, sur le nouveau
tarif professionnel, la rare version du 1200kg aux couleurs de Brandt
(qui a connu en parallèle une
diffusion promotionnelle) ainsi que l’emblématique Transcontinental
express.
Avec
du recul, cette série de 2cv utilitaires est une grande réussite dans
son
ensemble. Nous pourrions la comparer aux déclinaisons des fourgonnettes
Renault
300kg chez C.I.J.. Toutes deux sont représentatives (et complémentaires)
des
petits utilitaires qui sillonnaient quotidiennement les routes de France
à
cette époque. Mais au début des années 60, les collectionneurs, et les
enfants
eux même, se tournent déjà vers plus de réalisme pour la représentation
de
leurs autos miniatures. L’échec de la série Junior de Dinky-Toys,
pariant sur
des modèles extrêmement dépouillés en entrée de gamme, est parlant. La
Citroën ami
6 ou la Simca « 1000 », sorties chez J.R.D. en 62, en sont aussi de bons
contre exemples : capot ouvrant, moteur, glace, sièges et
suspension ! Et au final, comme pour les 2cv berlines ou les 11cv, les
dernières fourgonnettes semblent, de par leur dépouillement, un peu
dépassées… et c’est logique,
car même si l’avant du modèle a été réactualisé en 61, le moule
d’origine date, lui, aussi de
1954. Cela étant dit, pour les amateurs de jouets automobiles miniatures
des années
50/60, et plus particulièrement pour les inconditionnels de la marque
aux chevrons, cette série reste,
à juste titre, un sujet incontournable.
Un grand merci à Michel pour les modèles qui illustrent cet article
Un article rédigé par Vincent Pirot














Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire