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Première présentation de la Frégate au Palais de Chaillot le 24 novembre 1950 |
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| Modèle 1951 |
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| Modèle 1951/52 avec encore un seul antibrouillard |
Si
l’on peut aisément comprendre que la sortie du jouet ne pouvait pas
précéder celle de la vraie voiture il est à l’inverse plus difficile
d’expliquer ce retard de production ? En tous cas les concepteurs de la
miniature, qui sort finalement en 1953, en ont profité pour rajouter au
bas de la calandre à trois barres les projecteurs antibrouillard
apparus sur l’Amiral en 52, car c’est bien la version « haut de gamme »
de la Frégate qui est retenue par la C.I.J. et non celle, plus
dépouillée, dénommée Affaires.![]() |
Le graphisme du mot "Frégate" sera retranscrit à l'identique sur le
châssis des premiers modèles, puis par la suite, sur les boîtes
individuelles |
La
calandre, les phares ainsi que la plaque de police arrière sont chromés
au pochoir. Les feux arrières ne sont pas peints. Les roues à gorge,
tournées en acier, sont très différentes de celles des premières
références (3/47 et 3/48) et reçoivent des petits pneus (boudin) blancs,
il semblerait que quelques montages en pneus noirs existent également.
Concernant les boîtes, il existe deux types
d’étiquettes. Le premier aurait du être apposé sur les boîtages initiaux
de 12
pièces à l’automne 1951, époque à laquelle le conditionnement par
douzaine
était encore la norme. En pratique le stock, déjà imprimé, sera utilisé
lors de
la sortie de la Frégate en 1953, avec juste une surcharge (comme
sur certaines boîtes de 4cv). Puis, une deuxième impression prendra la
relève indiquant cette fois-ci le bon nombre de miniatures emballées et
comportant, comme sous les châssis, la mention "la Frégate".
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Une des premières réclames C.I.J. illustrant des miniatures (1953). Le pare-chocs avant de la Frégate est retouché (pas d'agrafe de châssis disgracieuse) et la voiture semble être équipée de glaces ! |
Dans
un deuxième temps, vers 1954, le marquage du châssis ne sera plus
réalisé au pochoir mais par emboutissage. Sur le devant de celui-ci nous
pourrons lire en relief « la Frégate Renault made in France ». Cette
transition correspond, à priori, au passage du conditionnement en boîte
de six pièces au coloris unique, à la boîte individuelle. Comme
toujours, l’illustration de ce boîtage est pleine de charme et la
miniature y est superbement représentée sur ses quatre faces. La
typographie du lettrage Frégate reprend celle qui était apposée sous les
premiers châssis, elle-même étant issue des documents officiels de la
Régie.
Les
couleurs utilisées pour les Frégates à calandre à trois barres sont les
suivantes : gris beige, gris moyen, gris foncé, bleu marine, vert
olive, gris vert, bordeaux et noir (idem à priori pour les modèles
mécaniques).
Pour
l’année modèle 1955, Renault dote ses Frégate d’un nouveau moteur plus
puissant et, extérieurement, le modèle Amiral reçoit une nouvelle
calandre ovale. De son côté, la C.I.J. retravaille son moule en
adoptant le nouvel avant. Au même moment, peut-être pour des raisons
économiques, les roues en métal laissent place à des roues en plastique,
de couleurs jaune ou rouge, chaussées de pneus blancs.
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Rare version de passage d'une des dernière calandre à trois barres assemblée avec les nouvelles roues en plastique jaune des futures calandres ovales |

Par
la suite, les pneus à gorge enserrent mieux les jantes offrant une
meilleure finition à la miniature, la C.I.J. a certainement dû revoir
les matériaux de fabrication des roues. Les
feux arrières sont dorénavant peints, en jaune ou rouge, suivant les
coloris des voitures. Les châssis, eux, sont toujours identiques à la
version précédente et donc finis en gris argenté. Puis ils évoluent et
reçoivent une peinture d’un gris métallisé plus soutenu. Conjointement
(?), les boîtes reçoivent sur leurs rabats la mention "Frégate" et, sur
les toutes dernières, le marquage CIJ, inséré dans la carte de France,
laisse place à celui plus moderne inscrit dans un cercle. Le dessin de
la voiture est bien réactualisé sur les catalogues mais, par contre,
l'ancien perdure sur les boîtages individuels avec les illustrations de
la version à trois barres et ce, jusqu'à la fin de production !
Les couleurs utilisées pour les Frégate à calandres ovales sont les suivantes :
Châssis argenté (roues plastique jaunes) : gris foncé, noir, bleu marine, vert olive et bordeaux métallisé.
Châssis argenté (roues plastique rouge) : vert olive, bordeaux métallisé…
Châssis argenté (versions mécaniques/roues métal) : Couleurs des versions à trois barres...
Châssis
gris métal foncé (uniquement en roues plastique rouges) : vert clair
(rare), gris foncé, gris/vert foncé, bleu clair, bleu marine, prune,
gris clair, rouge (rare) et bleu moyen.


A
l’instar des autres modèles contemporains, une version mécanique voit
le jour dès 1953 sous la référence 4/51. Pas de petite roue
directionnelle pour la Frégate (déjà abandonnée sur la 4cv et la Dyna X)
mais un moteur à ressort agrafé sous le châssis. Les versions
mécaniques suivent l’évolution de la miniature avec la spécificité de
conserver des roues en métal sur les modèles à calandre ovale dont la
production s’arrêtera assez vite. La boîte, quasi identique à la
référence 3/51, en diffère par le rajout de la mention "mécanique" sur
ses côtés. Cette mention est aussi présente (en tout petit corps) sur
les rabats des dernières impressions.
Enfin,
pour les amateurs de promotionnels, il faut signaler l’existence des
rares versions « chocolat Kemmel ». Comme de nombreux chocolatiers de
l’époque, les chocolats Kemmel, localisés à Bourbourg dans le Nord,
distribuaient par le biais de ses produits des petits chromos à la façon
des bons points récoltés (ou pas) à l’école. Par ailleurs, on pouvait
aussi se procurer des albums, dont l’un d’eux était réservé à
l’automobile, pour y coller ces images. Et pour finir, une fois rempli,
l’album pouvait être renvoyé au fournisseur avec en retour la promesse
de recevoir une « jolie voiture publicitaire », et un nouvel album !
Les « petites Frégates », portant l’inscription « chocolats Kemmel » au
pochoir sur le toit, font donc partie d’une de ces opérations
publicitaires (d’autres voitures en tôle, d’échelles supérieures, ayant
aussi été proposées). Les deux moules de la Frégate seront
successivement utilisés mais, sur les versions à calandre ovale, nous
pouvons constater que les coloris correspondent à des couleurs de fin de
production (bleu clair, vert clair).Avec
cette série, et peut-être est-ce dû à l’échelle retenue, nous sommes
vraiment plongés dans l’univers du jouet. Et, comme pour la 4cv, la
palette des couleurs utilisées, plutôt austère au début, puis nettement
plus chaleureuse sur la fin de production, nous offre une quantité
impressionnante de variantes à collectionner. On est bien loin des deux,
voire de l’unique, coloris proposés par exemple sur certains modèles de
la concurrence. Mais cependant, du fait sans doute de sa petitesse, la
miniature sera un peu boudée par les collectionneurs de 1/43ème. Et il
faudra attendre la version suivante, la Frégate Grand Pavois, réalisée
cette fois ci au 1/45ème, pour réconcilier tout ce petit monde...
Un grand merci à Michel pour les modèles qui illustrent cet article
Un article rédigé par Vincent Pirot






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