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Photo promotionnelle du lancement de la S40 notez les flancs blancs à la mode américaine photo collection Koyata Iwasaki |
Si
la première génération de Prince Gloria lancée en 1959 partageait la
même carrosserie que la Skyline ALSI, c'est un tout nouveau modèle qui
est présenté sous ce nom en septembre 1962 avec la S40. La voiture qui
n'a plus rien à voir avec la Skyline, a été entièrement repensée avec
notamment des suspensions indépendantes à l'avant, pont De Dion à
l'arrière et... des freins à tambour, mais en aluminium. Pardon ! Car si
l'automobile a fait un pas de géant en quelques années au Japon,
l'infrastructure routière est un petit peu à la traîne. Le confort et
l'accastillage sont donc les principaux atouts mis en avant pour
promouvoir l'auto, et nombreux sont les détails luxueux tels que les
vitres et l'antenne "électriques".
Cette
nouvelle voiture au dessin étonnant dans lequel on trouve bien
évidemment des références américaines, dont une vague ressemblance avec
la Chrysler Valiant, est disponible en berline S40 (ou limousine vu la
longueur de l'engin), et en break W40. Jusqu'à juin 1963, la clientèle
doit se contenter du 4 cylindres type G2 d'une puissance de 96 chevaux, qui a fait ses preuves.


Puis
ce modèle est épaulé par la S41 mue par le tout nouveau moteur (G7)
super carré avec course et alésage de 75mm x 75mm et ses 6 cylindres à
arbre à cames en tête pour une cylindrée de près de 2 litres développant
105 chevaux à 5200 tours minute. Cette nouvelle version devient la
Super Gloria S41, c'est la première voiture japonaise a être équipée
d'un 6 cylindres et aussi la première à dépasser les 100 chevaux.En
1964 la variante Gloria Super 6 ou Grand Gloria (S44), présente une
évolution du 6 cylindres porté à 2,5 litres développant 134 ch (G11). Sa
vitesse de pointe est de 155 km/h et son luxe est sans précédent chez
Prince.
Néanmoins
c'est le 2 litres très préparé, qui permet à Prince de remporter les
deux premières places lors du 2e Grand Prix du Japon "T-VI Race"
(catégorie Touring 6 pour motorisations entre 1600 et 2000cc), le
3 mai 1964. La n° 39 pilotée par H. Oishi remporte le championnat et la
n° 38 pilotée par Y. Sugita termine deuxième. En même temps, vu le
nombre de Gloria engagées ce jour là, il n' y a pas vraiment de quoi
pavoiser. De plus cette victoire est rapidement oubliée au profit de la
"défaite" des Skyline (contre une fichue Porsche 904 qui passait par
là), le même jour lors de la course "GP-II Race" (beaucoup plus
prestigieuse). Hasard ou goût de la tragédie, voire peut-être la
reconnaissance d'une automobile couronnant la fin de plusieurs années
d'évolutions, la Skyline est devenue mythique et la version
"survitamminée" et équipée du 6 cylindre de la Gloria en vue de ce grand
prix de Suzuka est, elle, devenue légendaire.
Les
derniers exemplaires de la Super gloria 6 (S41D) sortent sous la double
marque Prince - Nissan, cette dernière ayant "avalé" Prince en 1966
suite à la volonté du gouvernement de rationaliser l'industrie
automobile locale en diminuant le nombre de marques. La production cesse
en avril 1967.
Bien
évidemment Taiseiya (comme ATC), se jette sur cette automobile pour en
proposer une réduction aux "Minicar enthusiasts" de tous âges. Le modèle
sort au printemps 1963 avec la référence 24, la firme consacre toute
son énergie à la sortie de cette nouveauté ainsi qu'à celle de la Nissan
Cedric. Ceci aura des répercutions funestes pour la Bluebird 312 qui
bien qu'étant numérotée 22, ne sortira qu'en octobre.
Les
premiers exemplaires ont un châssis brut, des pneus gris et un moteur
rouge, rapidement un deuxième moteur argenté/chromé remplace le
précédent, et le châssis devient gris. Si ce dernier n’indique pas le
nom du modèle, on peut toutefois lire Cherryca Phenix, Taiseiya CO LTD.
Made in Japan.
En
fin de production le moule est très légèrement retouché et le nom
Gloria Super 6 est plus ou moins lisible sur les ailes arrières. En
revanche le compartiment moteur est profondément redessiné, et le nom
Cherryca Phenix disparaît du châssis.
Il existe trois type de boîtes, la première n'indique que le nom "Cherryca Phenix" et est
imprimé avec un cartouche rouge, le deuxième tirage présente un
cartouche rouge foncé presque bordeaux et enfin la troisième boîte
indique "Cherryca Phenix" et "Micro Pet". Il semble que le tout dernier
type de boîte orange avec un obi marron n'ait jamais existé pour ce
modèle, peut être parce que la Gloria ressort très vite sous la marque
Diapet à la fermeture de Taiseiya en 1965.
La
couleur la plus souvent utilisée est le noir, en début de production
elle peut être associée à un intérieur rose (très joli), ou vert. On
trouve aussi du brun-rouge, les deux coloris d'intérieurs sont
disponibles, mais certains exemplaires sont pourvus d'un intérieur rouge
moins fréquent. Ce coloris est lui associé au pneus type 2 lisses de
couleur noire.Un
autre coloris mérite un peu plus d'attention, c'est le bleu clair, à
priori toujours associé à un intérieur bleu moyen, que Taiseiya propose
pour une raison bien particulière :

En 1964 ont lieu à Tokyo les premiers jeux Olympiques se déroulant en
Asie. C'est le moment de sortir le grand jeu, et de montrer au reste du
monde les avancées technologiques engendrées en quelques années : Le
Tokaido Shinkansen, train à grande vitesse permet de gagner un tiers de
temps de trajet. Son premier tronçon est inauguré le premier octobre
1964, juste à temps pour le Jeux Olympiques dont la cérémonie à lieu le
10 du même mois, ou la Shuto Expressway voies surélevées permettant de
désengorger le Trafic routier de la capitale... Le tout balancé en
mondovision à travers le globe par satellite pour la toute première
fois. Rien n'est trop beau pour les JO, et la flamme olympique est
divisée en quatre afin de pouvoir traverser toutes les provinces du
Japon.
Pour accompagner chaque cortège, les quatre grands constructeurs nippons fournissent de luxueuses automobiles. Ceci permet de
montrer des voitures haut de gamme inaccessibles en terme de tarif au commun des
mortels japonais, offrant pour les constructeurs, une visibilité
publicitaire exceptionnelle. Toyota lance ses Crown sur la route,
cependant que Nissan propose une impressionnante armada de Cedric, et
que Mitsubishi de son côté montre ses imposantes Debonair. Chez Prince
on est pas en reste et un nombre important de Gloria sont lancées sur la
route. Elles ont une particularité : elles sont peintes en bleu clair !
En
fin de production le brun rouge est remplacé par un coloris plus proche
du bordeaux, ce modèle si il est disponible en version tourisme, existe
aussi en version "sport" en hommage au Grand prix de Suzuka en 1964. Il
s'agit d'un modèle standard agrémenté de décalcomanies, mais livré dans
une très belle boîte spécifique.Et l'histoire continue avec Diapet !
En
1965 après quelques tractations, Taiseiya travaillant un court temps en
sous-traitance pour ATC, tombe définitivement dans le giron de
Yonezawa, qui voit là l'occasion de lancer grâce au catalogue pré
existant, une nouvelle série baptisée Diapet. Contrairement à la CIJ qui en
France se contente de racheter le stock de JRD, Yonezawa achète le stock mais également l'usine, la main d’œuvre et tous les projets en cours. ![]() |
Les plus aguerris liront Prince Gloria, ainsi que 44 12 28, il s'agit de la date japonaise (ère showa) soit le 28 12 1969. Nous sommes donc en présence d'un des derniers exemplaires commercialisés |

Yonezawa
ressort donc très rapidement la Gloria dans la série Diapet sous la
référence 119. Dans les faits, il semblerait même que la Gloria soit la
toute première Diapet, encore une fois les références sont attribuées
par ordre chronologique de projets et non par ordre de sortie sur le
marché.Les
pneus sont identiques à ceux du troisième type chez Taiseiya, de
couleur noir avec de fines nervures, le châssis indique dorénavant le
nom du modèle en plus de celui du nouveau "fabricant". La couleur de
l'intérieur se standardise au profit
d'un bleu très clair, les premiers
exemplaires sont pourvus d'un volant blanc provenant du stock de la
Taiseiya, mais très vite le volant devient noir comme sur toute la gamme
Diapet.
Si
le noir persiste, le brun-rouge et le bleu clair sont abandonnés, même
si on peut envisager des variantes hybrides issues des stocks anciens et
nouveaux, On trouve plus facilement des nuances de vert et de bleu
métallisés.
À
priori il n'existe qu'un seult ype de boîte, mais les fins de stocks furent comme souvent pour les Diapet des années soixante, vendues en boîtes neutres, parfois tamponnées de la référence,
voire du nom du modèle.
Un article rédigé par Erwan Pirot
On trouve sur Youtube une amusante publicité de 1964 pour la Gloria : https://youtu.be/05ndkacdx8o?si=sQdqv3C3DZK7t64B
Les photos proviennent de la collection Koyata Iwasaki, sauf celle de la S41E, collection Robert de Kimpe ainsi que celle du départ du Grand prix de Suzuka, collection Nissan Global.
Les autres documents et modèles illustrant cet article sont © La Route Enchantée
Sources :
Shinkansen FR https://fr.wikipedia.org/wiki/Shinkansen
Shuto EN https://en.wikipedia.org/wiki/Shuto_Expressway
1964 Tokyo cars EN https://japanesenostalgiccar.com/cars-of-the-1964-tokyo-olympics/
Nissan Global EN https://www.nissan-global.com/EN/
Zone Datsun FR https://www.zonedatsun.fr/
Shinkansen FR https://fr.wikipedia.org/wiki/Shinkansen
Shuto EN https://en.wikipedia.org/wiki/Shuto_Expressway
1964 Tokyo cars EN https://japanesenostalgiccar.com/cars-of-the-1964-tokyo-olympics/
Nissan Global EN https://www.nissan-global.com/EN/
Zone Datsun FR https://www.zonedatsun.fr/




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